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lundi 28 décembre 2009

Fondu au noir : un roman pour les fondus de cinoche

Ce roman a connu un trajectoire étrange. Refusé par une trentaine d'éditeurs (de même que mon premier roman Pain perdu chez les Vilains), c'est pour le publier que j'ai créé en 1992 les éditions Canaille, qui publièrent 22 titres, dont le mythique Spinoza encule Hegel de Jean-Bernard Pouy, et des auteurs comme Michel Chevron (dont le prochain roman, Icône, sort en avril 2010 aux éditions Après la Lune, qui redémarrent après deux ans d'inactivité).
Il a, depuis, été réédité chez Baleine, dans la collection Instantanés de polar (dirigée à l'époque par Hélène Bihéry), puis chez Gallimard (Folio policier). Mûri dans les années 80, à l'époque où j'étais ouvreur au cinéma le Lux, à Caen, Fondu au noir, c'est l'histoire de Samuel Flicker, ouvreur de cinéma à Tucson (Arizona) devenu aveugle à force de séjourner dans les salles obscures, et qui va, pour son malheur, rencontrer la très belle Molly.

De Gaulle, van Gogh, ma femme et moi : où il est prouvé que le gaullisme est soluble dans la peinture à l'huile

Juillet 1890, Vincent van Gogh se suicide à Auvers-sur-Oise. Quatre mois plus tard, Charles de Gaulle voit le jour. Ces deux-là n'avaient donc aucune chance de se rencontrer. Pourtant, grâce à Bernard Maresquier, retraité de la chaussure obsédé par les chevilles des femmes, gaulliste historique, grand mangeur de yaourts, la recontre va avoir lieu, sous les yeux ébahis de l'écrivain Philippe Solex et de son fidèle assistant Michel Welbeck, l'écrivain dépressif au regard de poisson mort.
Éditions Après la Lune, collection Lunes Blafardes, 1997

Patrick Galmel (qui s'y connaît) en dit grand bien sur son site Polarnoir.
De même que Clara da Silva, libraire à la FNAC Saint-Lazare, qui en fit son coup de cœur : “L'imagination de Jean-Jacques Reboux ne connaît aucune limite. De fait, l'histoire est inracontable. Sachez néanmoins que Bernard Maresquier, chausseur à la retraite, a de grandes conversations avec De Gaulle et qu'il a un secret à vous révéler. Hilarant.”

Le massacre des innocents : un roman anticlérical (très) primaire

Contrairement à la dame qui vient de tenter d'attenter aux jours du pape Benoît XVI, les petits rigolos du groupe l’Antimitre qui s'en prennent dans Le Massacre des innocents au pape Jean-Paul II (venu canoniser un ancien ami de Touvier membre de l’Opus Dei) ne loupent pas leur cible et incendient à tour de bras les églises de France et de Navarre.
Dans ce roman, paru chez Baleine en 1997, réédité en Folio policier, le commissaire Fayolle va enquêter sur les agissements d'une bande de dingues anticléricaux et sur la cavale sanglante d'un ancien soldat perdu de la guerre d'Algérie. A noter que l'ex-commissaire Fayolle sera l'un des personnages de mon prochain roman Je suis partout (les derniers jours de Nicolas Sarkozy), dans lequel il retrouvera Anita Botero, passée de Libération à Rue89 (les temps changent) et le délicieux Ferdinand Chabrieu de l’Estang, qui a bien connu, comme c'est amusant, le petit Nicolas quand celui-ci traînait dans les jupes de sa môman adorée.
Le massacre des innocents a obtenu le Trophée 813 du polar francophone en 1997.

Poste mortem : Simone Dubois assigne Dominique Strauss-Kahn à résidence


Paru chez Baleine en 1996, réédité en Folio policier en 2000, Poste mortem raconte les divagations meurtrières de Simone Dubois, postière brindezingue qui prend en otage le ministre des PTT de l'époque (qui fut aussi le dernier, eh oui, c'est bien sous la gauche que débuta le dépeçage de la Poste!!), un certain Dominique Strauss-Kahn, le ficèle sur une chaise (c'est préférable quand on connaît les ardeurs du monsieur), lui fait ingurgiter de force du Coca-Cola ainsi que moult pétards, et le contraint à écouter sa vie de Petite Tueuse Tranquille.
Si vous voulez vous marrer un peu par ces temps pas follichons, ou si vous avez oublié d'acheter les étrennes pour votre cousin-voisin-neveu-tonton postier (ils n’ont pas le moral en ce moment!) c'est le moment! 
Poste mortem, dont Patrick Galmel dit grand bien sur son excellent site PolarNoir, a obtenu le prix du Salon du polar de Montigny-les-Cormeilles en 1996.

Sans oublier le magnifique papier de Daniel Fattore sur le site Fattorius : Jean-Jacques Reboux assigne Dominique Strauss-Kahn à résidence.

mercredi 23 décembre 2009

Les "gardiens de la paix" Moreiro et Christiensen vont passer un joyeux Noël

Depuis mon propre procès pour outrage en juin 2008 (récit de l'audience sur Rue89), j'ai assisté à une quinzaine de procès de personnes poursuivies pour ce délit ubuesque, dont le CODEDO demande la dépénalisation. Le dernier en date, celui de Siham, remonte au 30 octobre. On croit avoir tout vu, tout entendu. Le délibéré, qui vient d’être rendu, prouve que non, les juges sont parfois capables de la plus grande abjection…
Dans l'affaire qui les opposait à Siham [lire son témoignage], où ils s'étaient portés partie civile (rappelons que leurs frais d'avocat sont entièrement pris en charge par la République), les "gardiens de la paix" (sic) Christiensen et Moreiro empochent chacun une prime de Noël de 500 euros. Avec un collègue, Jean-Benoît Christiensen (110 kg, tout dans les muscles, rien dans la tête) avait violemment interpellé Siham en l'accusant de lui avoir tiré la langue et craché dessus, avant de la menotter et de l'embarquer au commissariat de la rue des Orteaux (Paris 20e). L’agent Moreiro (une femme) avait violemment arraché les bracelets de Siham lors de sa garde à vue en lui criant "J'en ai rien à faire de tes bracelets de merde!" avant de lui frapper la tête contre le mur. Lors du procès, ces violences policières n'avaient pas semblé choquer outre mesure le président de la 30e chambre du TGI de Paris, qui avait pourtant lancé à Siham: "Ce n'est pas très élégant de cracher par terre, mademoiselle, surtout pour une femme". Il faut appeler un chat un chat et ne plus hésiter à dire que certains juges se conduisent comme les supplétifs enthousiastes et zélés d’une police digne d'un régime fasciste, où les éléments violents incontrôlés sont de plus en plus nombreux et impunis. Jusqu’où cela ira-t-il?

vendredi 18 décembre 2009

Alain Finkielkraut : "Le pouvoir est faible et il y a un conformisme du sarcasme."

Après Henri Guaino, une autre de mes bêtes noires vient de sévir. Dans un débat avec Alain Badiou, auteur du passionnant De quoi Sarkozy est-il le nom? (mais aussi de Éloge de l'amour, dont l'intérêt, personnellement, m'échappe), Alain Finkielkraut se déchaîne…
Quelque temps après avoir affirmé: "L’existence d’un ministère de l’Identité nationale ne me choque pas. (…) Je ne suis pas du côté du Pouvoir."  "Nous assistons à un véritable réensauvagement de l’humour" et autres joyeusetés, il revient, en pleine forme!
L'intégralité du débat, animé par Aude Ancellinsur le site du Nouvel Obs. J'ai retenu ce passage particulièrement croquignolet.

Finkielkraut:
..."Si Sarkozy c'est Pétain, alors vous êtes un résistant. Je vous invite, vous et la gauche intellectuelle qui, sous votre égide, devient complètement mégalomane, à cesser de vous raconter des histoires. Sarkozy n'est pas un chef, c'est une cible. L'insulte au Président de la République est devenue l'exercice le plus courant, le plus grégaire, sur le net et dans les médias. Quand le pouvoir politique était fort, il y avait un conformisme de l'obséquiosité, aujourd'hui, ce pouvoir est faible et il y a un conformisme du sarcasme."

Ce à quoi Badiou répond:
..."Vous avez un axiome fondamental qui est de type consensuel. Vivre ensemble. Vous faites comme si on était dans des conditions où il ne devrait pas y avoir d'ennemi véritable, où on devrait nécessairement avoir des rapports de respect avec le sommet de la République. Vous décrivez une scène politique virtuelle qui n'a aucun rapport avec la scène réelle. Dans la vraie scène, il y a des ennemis, des accapareurs du pouvoir, des inégalités monstrueuses, toute une couche de la population qui se voit discriminée dans la loi elle-même. Il y a des règles, contrairement à ce que vous dites, mais des règles unilatérales. Et dans cette situation-là, vous semblez considérer que ce qui doit requérir l'attention d'un philosophe c'est l'enthousiasme provincial, comme on le connaît dans le sport, d'une deuxième génération d'immigrés algériens pour la victoire de leur équipe d'origine. Vous ne parlez que de problèmes insignifiants et vous en parlez de manière d'autant plus dangereuse que vous investissez dans ces problèmes une sorte d'affect totalement excessif. Je souhaiterais que cet affect surnuméraire, vous l'investissiez en direction des ennemis véritables."