samedi 20 avril 2019

Comment je suis devenu entrepreneur de spectacles en eau douce

Quand j’étais môme, je l’ai raconté dans C’est à cause des poules (que Flammarion pilonna dans mon dos au lieu d’en faire un best-seller, ce qui eût été aisé étant donné que ce livre répondait à la question élémentaire “qui de l’œuf ou de la poule vint le premier ?”), j’avais une passion, platonique, irrépressible, intempestive, pour les poules. Elles me fascinaient. Je pouvais rester des heures à les regarder, me retenir de manger, de boire, de respirer, de pisser, même !
Pourtant, dans la basse-cour, une autre bestiole me faisait bisquer : le canard ! Bien campé sur ses pieds palmés, aussi à l’aise sur la terre ferme que dans la mare aux cinq peupliers, Guillain – tel était son nom ; il était le sosie étonnant de M. Guillain, un homme du bourg rude mais bienveillant – se baguenaudait continûment sous la gouttière, avec un air de se foutre de la gueule du peuple tenant du prodige. À la différence des poules mes copines, qui se donnaient en spectacle jusque sur le tas de fumier, le palmipède vicelard s’ingéniait – il aurait eu tort de se gêner – à me fausser compagnie dans la flotte sitôt après la douche. C’était la fin de l’histoire, et je n’en fis pas une histoire ; décidant, inconsciemment, de ne jamais écrire un traître mot sur les canards…
Nicolas Jaillet au Petit cabaret du bonheur (2018), Liz Cherhal et Morvan Prat
NiKOl
Je me fis donc une raison – j’allais sur mes neuf ans quand j’en admis l’amère et définitive évidence – : jamais je ne serais entrepreneur de spectacles en eau douce ! Il me faudrait me contenter des onctions gallinaises : de la paille, de la poussière, du bon fumier grouillant de lombrics que nous appelions dans ma campagne mayennaise des “hachées”, des battements d’ailes lyriques et douloureux… Et pourtant…

Et pourtant, quelque cinquante ans plus tard, j’y suis parvenu !

Le premier concert que j’organise se déroulera les 8 et 9 juin 2019 le long du canal Saint-Martin, lors du Printemps bénuchot, et il y aura, non pas un, ni deux, mais trois concerts !

1. Le duo NiKOl (Christian Roux, guitare et chant ; Nicolas Gorréguès (basse)
2. Nicolas Jaillet (guitare, chant)
3. Liz Cherhal, en duo avec Morvan Prat (violoncelle, guitare)

vendredi 5 avril 2019

Participez à l’éclosion du Printemps bénuchot ! (8-9 juin 2019)

Le Printemps bénuchot a besoin de 3.000 €.
Souscription en ligne  sur Kiss Kiss Bank Bank.
Neuf options possibles.
Pour 7 €, Bénuchot revient d’entre les mortsPour 22 €, il remet les pieds sur terre. / Pour 35 €, il a la bougeotte. / Pour 50 €, il a soif d’aventure. / Pour 65 €, il prend le large. / Pour 100 €, il abolit les frontières. / Pour 150 €, il voit double. / Pour 250 €, il est en orbite quantique. / Pour 500 €, il quitte la galaxie !