vendredi 22 mars 2013

Procès Fradier : des messages de soutien réconfortants

Depuis quelques jours, je reçois des dizaines de messages de soutien dans le procès qui m’oppose à Catherine Fradier. Venant d’amis, de lecteurs, connus ou inconnus, de libraires, d’auteur(e)s, d’ex-collègues postiers. Parmi ceux-ci, l’un d’eux, émanant d’un confrère écrivain que je connais peu (donc peu suspect de "copinage") et dont je ne citerai pas le nom (je le regrette d’autant plus que j’apprécie beaucoup son travail), m’a particulièrement fait chaud au cœur, qui résume assez bien le dégoût qu’inspire à beaucoup le panache flétri de cette dame.
Bonjour Jean-Jacques,
On se connaît peu, je ne suis pas de Paris, je ne pourrai être là, mais je me permets de t’envoyer un petit message de soutien, comme ça, face à une démarche que je me bornerai à qualifier de dégueulasse. J’avoue être stupéfait par ce genre d’attaque de la part de quelqu’une qui en faisait des louches à propos de sa "croisade" contre l’Opus Dei (lors d’une fête de l’Huma, je me suis farci deux jours son argument publicitaire).

Une auteure qui voudrait devenir grande, dis-tu. Elle oublie seulement deux choses: c’est d’abord à l’aune de l’écriture et de l’œuvre que cette grandeur peut se juger – et pour le moment on manque un peu de preuves ; ensuite, c’est en se gardant de la petitesse, de la médiocrité mercantile qu’on devient "grand" et qu’on le reste.
Hélas, on n’est jamais trahi que par les siens (en Auvergne, ils disent chiens, mais ils parlent mal, par là-bas), ou ceux qu’on croit tels.
Salutations solidaires.

lundi 11 mars 2013

"L’esprit Bénuchot", making-off. Etienne Klein explique la masse des particules

Dans ce film, réalisé deux ans avant la découverte (août 2012) au LHC de Genève, du fameux boson de Higgs, Étienne Klein explique comment, si la théorie du boson de Higgs est confirmée, les particules n’auraient plus de masse (comme on nous l’a appris à l’école depuis Newton), mais que leur masse résulterait de l’interaction d’objets de masse nulle avec le vide (constitué, comme vous le savez, de bosons de Higgs). C’est également la théorie développée dans mon roman quantique (à paraître en 2016 chez Lemieux éditeur) L’esprit Bénuchot par Jules Bénuchot, chauffeur de taxi à la retraite, obsédé depuis plus de cinquante ans par le fait que le déplacement des gens dans une foule serait générateur de forces d’inertie comparables à celles mises en avant dans les "champs de Higgs". Autrement dit, qu’il y aurait un rapport entre les théories quantiques (de l’infiniment petit) et les théories newtoniennes (du macroscopique). Vous n’avez pas compris? Ce n’est pas grave. Tout cela vous sera infiniment mieux expliqué dans le roman…

samedi 2 mars 2013

Romans quantiques : en attendant "Monsieur Bénuchot"




En décembre 2012 a paru chez Gallimard un roman de Philippe Forest, Le chat de Schrödinger, qualifié par Dominique Léger dans L’Express de premier roman quantique. Ce qui est loin d’être vrai puisque paraissait en 1992 à la Série Noire un roman atypique, inclassable et génial du mytérieux A.C. Weisbecker où la physique quantique tenait un rôle primordial (il y était notamment question du comportement alléatoire des particules, dans une intrigue se déroulant chez des trafiquants de drogues mexicains). D’autres ouvrages romanesques traitent également de ce sujet casse-gueule (la physique quantique, rappelons-le aux aliborons, s’intéressant à l’infiniment petit, tandis que la littérature, a priori, traite, comme la physique newtonienne, de l’univers macroscopique). Résolu à garder une certaine "virginité", j'avoue que je ne les ai pas lus, me contentant d’ouvrages de vulgarisation, notamment l’excellent Petit voyage dans le monde des quanta, d’Étienne Klein, et de conférences sur le sujet, dont la très réjouissante rencontre avec le prix Nobel de physique Serge Haroche organisée par Libération en janvier (et à laquelle Monsieur Bénuchot était, bien évidemment, présent) , en attendant d’assister à ses cours (là, ça ne va plus rigoler!) au Collège de France.
Étant attelé, depuis 18 mois, à l’écriture d’un roman dont la physique quantique est l’un des fils directeurs, j’ai tout naturellement lu le roman de Philippe Forest (dont je n’avais auparavant rien lu), un peu abstru au départ, je dois l’avouer (on n’entre pas dans l’univers quantique comme dans un moulin!), mais dont les sillons métaphysiques (surtout dans les trente dernières pages) tracent des pages d’une effarante beauté (et aussi d’une tristesse infinie).
Je l’ai lu en me disant: “Pourvu que Le chat de Schrödinger n’utilise pas les mêmes "ressorts" que mon L’esprit Bénuchot à moi!" Fort heureusement, l’histoire n’a rien à voir, ouf… Monsieur Bénuchot va pouvoir continuer son tranquille petit bonhomme de chemin…

lundi 25 février 2013

Quand une école privée fait la quête auprès des petits éditeurs pour financer ses ateliers d'écriture


Depuis que j'ai eu l'idée (chevaleresque mais stupide) de créer les éditions Après la Lune (66 titres publiés depuis mars 2006), il ne se passe pas de semaine sans que je ne reçoive des courriers d'enseignants, d’instituteurs, de parents d’élèves ou de bibliothèques fauchées demandant, pour une tombola, un rallye, un défi-lecture, un concours du plus gros mangeur de livres, que sais-je encore, l’envoi de livres gratuitsQuand j’ai le temps et que je ne suis pas trop énervé (ce qui est rare), il m’arrive de répondre, en substance : "Vous êtes bien aimable de faire appel à nous, mais savez-vous, cher enseignant censé avoir fait des études et, donc, connaître certaines choses élémentaires constitutives de notre société, parmi lesquelles l’économie du livre, ce truc relié avec plein de feuilles, dont vous vous servez tous les jours pour enseigner aux petits z’enfants de la patrie comment ça marche tout le bazar, la société, la nature, l'histoire, la géographie, les mathématiques, bref, tout ce qui nous distingue des animaux [j'ai été instituteur dans une vie antérieure] et qui s'appelle l'INTELLIGENCE, que les livres ne poussent pas directement dans les arbres, qu'il faut auparavant les fabriquer, puis payer le libraire, le diffuseur, le distributeur, l’auteur, bref, que tout cela a un coût, et que vous pourriez, au moins, proposer de payer les frais postaux (prohibitifs)" [ce que ne m’ont jamais proposé aucun de nos culottés quémandeurs]. En général, on se confond en plates excuses, du genre "pardonnez-nous si nous vous avons offensé, cher petit courageux éditeur, on ne savait pas, on n'y avait pas pensé, on ne nous l’avait pas dit, on pensait que, comme les agriculteurs, vous aviez des excédents…" et l’on en reste sur cet acte de contrition.Voici le courrier gonflé (au gaz de christe?) que j'ai reçu, émanant d'une école privée catholique du Morbihan, dont j'ai biffé le nom, par pure charité chrétienne. Bon, je vais me servir un petit calvados pour soigner mon courroux…Madame, Monsieur,







Pourquoi des enfants normalement scolarisés, sans problème d'apprentissage spécifique, et ayant acquis les mécanismes de la lecture, ne vont-ils pas naturellement vers le livre ?
Partant du constat que plus de la moitié de la population n'achète pas de livre et, depuis l'école, n'a aucune pratique de la lecture-plaisir, l'équipe pédagogique de l'école Saint-Joseph de [………] dans le Morbihan, propose une démarche engagée au service du monde de l'enfance et de la jeunesse en organisant un séjour autour du désir d'écrire, du 2 au 6 avril 2013. L'objectif principal de cette expérience est de développer l'intérêt pour la lecture en fédérant les enfants autour d'un projet commun d'écriture, en un lieu magique : Belle-île.
Ce projet concerne les élèves de CE1, CE2, CM1 et CM2 soit en tout cinquante-cinq enfants. Il sera l'occasion exceptionnelle de rencontrer Paul Beaupère, auteur jeunesse, illustrateur, indépendant multifacettes particulièrement impliqué dans les causes et les conséquences de l'écriture comme moyen d'ouvrir des horizons, de développer l'imaginaire, de donner le goût de lire. Cette aventure donnera naissance à un livre dont le sujet est encore tenu secret...
Le coût brut du séjour est de 265 euros par élève. Le budget total du projet s'élève ainsi à 14,575 euros. Des réductions viennent s'appliquer en fonction des recettes réalisées au cours des différentes manifestations de l'APEL (Association des Parents d'Élèves) et de l'OGEC (Organisme de Gestion des Écoles Catholiques), un co-voiturage entre parents est mis en place pour réduire le plus possible les frais mais le coût demandé aux familles, souvent issues de milieu modeste, reste néanmoins conséquent. Certaines d'entre elles ont parfois même deux enfants participant à ce projet.
Connaissant votre engagement à soutenir et promouvoir la littérature d'enfance et de jeunesse, nous vous saurions gré de bien vouloir attacher un intérêt tout particulier à notre demande de soutien financier en encourageant la créativité littéraire des enfants et en leur donnant par là-même le goût de lire.
Nous serions particulièrement honorés de vous compter comme partenaire exceptionnel de l'école Saint Joseph dans la réalisation de son projet « Écrivains en herbe », atelier d'écriture à Belle île. Nous nous tenons bien entendu à votre entière disposition pour plus de renseignements utiles.
Dans l'attente du plaisir de vous lire nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de nos sincères salutations.

vendredi 26 octobre 2012

La fine équipe de Moulard, roman-feuilleton oulipien ! (juin 1999)

Crédits photo : Pierre-Jérôme Coulmin 
À la suite de la disparition d’Anne Matalon (qui en avait écrit un épisode), je viens de retrouver les planches-contact de deux photos des auteurs qui devaient participer aux Aventures extraordinaires de Moulard, le 1er roman-feuilleton du 3ème millénaire, prévu pour 22 épisodes et qui s’arrêta finalement au n° 6, suite à un abandon en rase campagne de notre fieffé gredin d’éditeur, et malgré des ventes à 2.600 exemplaires (un chiffre qui fait rêver en 2012!)
C’était au siècle dernier (juin 1999), une époque héroïque où il était encore permis de rêver quand on envisageait de se consacrer à l’écriture et à… des projets fous !! Réunis à l’occasion du mythique Chapiteau-Polar de la Bastille organisé par le non moins mythique libraire Gérard Moreau (émigré depuis dans sa Bretagne), la bande à Moulard avait la baraka ! (Nous étions jeunes et beaux, ah, ah !)
Moulard, né dans les Côtes d’Armor à Pordic (fief du redoutable pirate Frédéric Prilleux) dans une coquille de Ouest-France (Mouloud Akkouche devenant Moulard Akkarche!!!), 94 kilos, 32 ans dont 7 de RMI, fan de Thiéfaine, le cœur sur la main, vêtu de son increvable trashpekno à 22 poches, était un menteur capable de se tirer de n’importe quel merdier, mais avec un (très) gros problème : sa fiancée Pénélope exigeait qu’il perdît 11 kilos pour l’épouser. L’une des (multiples) contraintes pour chaque auteur étant de lui faire perdre 500 grammes par épisode, avec un final obligatoire chez le célèbre acupuncteur Dai-Sy Tran…
Ce roman-feuilleton avait démarré en fanfare (invitation à l’émission de Philippe Bertrand Trafic d’influences sur France Inter, une page entière dans Libération (descente en flèche d’Edouard Waintrop qui n’avait pas compris que ce n’était pas du polar, mais de la rigolade!), un partenariat efficace avec Ouest-France Dimanche (avec la regrettée Christine Brûlé), et puis, et puis… comme parfois (comme trop souvent) un éditeur qui ne suit pas, qui s’en tamponne le coquillard, et qui nous assassine…

Critique parue dans Le Matricule des Anges : ICI.

Photo de droite, en haut, de gauche à droite : Anne Matalon (Moulard n°9, non paru), Jacques Vallet, Frédéric Prilleux (n°6), Christian Ryo, Jean-Jacques Reboux (n°1), Marie-Ange Poyet, Anne Soalhat, Laurent Fétis (n°4), Francis Mizio, François Braud. En bas : Pierre Filoche (n°9, non paru), Olivier Garnier, Yves Bulteau (n°2) , Michel Pelé (n°6), Mouloud Akkouche, Thierry Gatinet.
Photo de gauche : les mêmes, plus Patrick Mercado, dit Nounours (celui qui est un peu plus empâté que les autres).
Manquent à l’appel : Élise Fugler (n°5), Michel Chevron (n°7, non paru), Sylvie Rouch (n°8, non paru), Catherine Fradier (n°3), Dominique Renaud (n°10, non paru), Jean-Bernard Pouy, Stéphane Geffray et Gilbert Morandi (illustrateur des couvertures).

lundi 24 septembre 2012

Voyous. Flammarion pilonne "C’est à cause des poules" sans m’en informer

Quand j’étais môme, mon grand-père Eugène me disait: "La poule, c’est comme le cochon, tout est bon… Mais moi, c’que je préfère, c’est le pilon…" Quelques décennies plus tard, je me mis en tête de raconter mes souvenirs et mes fantasmes d’endormeur de poules, dans un roman de terroir totalement halluciné qui parut aux éditions Flammarion en décembre 2000, grâce aux bons soins d’un éditeur philosophe totalement halluciné (hélas décédé en août 2003), Dominique-Antoine Grisoni, qui me fit ce magnifique cadeau.
Ce roman, sorti entre un roman du génie des particules Houellebecq et un roman du génie charismatique Picouly (donc quantité négligeable), se vendit à 1.225 exemplaires et obtint le très convoité Grand prix de la Mayenne 2000, qui me permit de renouer avec Paulette, ma maîtresse adorée de l’école de Madré (Mayenne). Je viens seulement d’apprendre, (presque) par hasard, qu’il a été pilonné il y a quelques années par l’éditeur, sans que j’en aie été informé (en violation totale du contrat que j’avais signé avec cette noble maison, qui vient d’entrer dans le giron gallimardien). Sacré Eugène, que ne t’ai-je écouté!!!!  Que ne suis-je devenu puisatier, maçon ou bedeau, au lieu de persister à embrasser la "carrière" d’écrivain…

dimanche 15 juillet 2012

Anne Matalon nous a quittés


Dans un monde « plus juste  », le crabe – ou plutôt « les » crabes, car en quatorze années, de rémissions en rechutes, elle eut à affronter plusieurs récidives – n’aurait pas pris la vie d’Anne Matalon. Dans un monde plus juste, le Petit abécédaire des entreprises malheureuses de Anne Matalon aurait rencontré le même succès qu’Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq – ces deux romans ayant en commun de traiter, de façon radicalement différente, la vie stressante, souvent absurde, en entreprise, comme le faisait remarquer Christophe David dans Le Matricule des anges

Mais voilà, nous ne vivons pas dans ce monde-là. Anne Matalon a été emportée par la maladie, trois jours après son 53e anniversaire, et – la chose peut paraître pour le coup accessoire –, ses merveilleux romans n’ont pas rencontré le succès qu’ils auraient mérité. Le cancer, Anne ne s’est pas contentée de le combattre pour sauver sa peau. Elle avait fait de la lutte contre la maladie une philosophie, créant en 2005, dans le quartier de la Bastille à Paris, l’Embellie, la première boutique offrant ses services aux femmes atteintes du cancer (perruques, prothèses mammaires, foulards, vêtements), proposant aussi des ateliers de sophrologie, Tai-chi, Qi-qong, maquillage et ateliers d’écriture. « Parce qu’une femme malade n’est pas que malade… » D’autres boutiques ont ouvert à Strasbourg, Amiens et Namur, en Belgique.  
Par la suite, avec plusieurs femmes artistes, elle créa le Collectif Créatif des Corps Divergents, dans le but de « réinventer béquilles, cannes, attelles, etc, en y mettant de la fantaisie, de l’humour et de l’élégance, afin que ces « prolongements du corps » ne soient plus stigmatisants ».


Le premier roman d’Anne, Petit abécédaire des entreprises malheureuses, parut en 1996 aux éditions Baleine, dans la collection Canaille/ Revolver. Poussé par le succès du Poulpe, le soutien de quelques libraires avisés et une critique enthousiaste (Cavanna l’encensa dans Charlie Hebdo), il connut un succès d’estime et fut réédité chez J’ai Lu (qui ne le soutint pas et le pilonna assez vite). 


S’inspirant de la Caisse des dépôts et consignations, où elle occupait à l’époque des fonctions assez éloignées de sa formation de philosophe, elle plantait le décor : une entreprise « ordinaire », la GAL (Générale d’Assurances limousine). Dix cadres supérieurs sont envoyés en stage « hors-limites » dans le Sahara. Neuf sont assassinés, le dixième disparaît. Nathan Robinski, responsable de formation à la GAL, hypocondriaque obsédé par ses aphtes, croit reconnaître le rescapé lors d’un voyage à Copenhague, tandis que son épouse Adrienne, ethnologue en mission chez les Papous, est portée disparue. Tel est le point de départ du réjouissant Petit abécédaire, traité avec un humour décapant, une drôlerie espiègle.
Alba Capra (Baleine) réunit des détectives privés déroutants, des médecins frelatés, des bègues par accident, des folles en bigoudis, dans un polar décoiffant qui aurait enchanté Georges Perec, où l’absurde sévit dans la joie. On y apprend notamment que des adorateurs de la chèvre blanche sévissent au lycée Charlemagne, ce qui n’est guère convenable dans un établissement scolaire.

Dans le très beau Conférence au club des intimes (Phébus), Anne Matalon se penche sur ses origines grecques et juives, et nous transporte en 1913 à Salonique, capitale d'un cosmopolitisme harmonieux, où Turcs, Grecs, Bulgares, Serbes, Croates, Albanais, Tsiganes, insouciants des menaces qui pèsent, Salonique où se rendent deux jeunes peintres, un Suisse et un Français, en mal d'émotions fortes et de beauté pure, sur fond du voyage qu’effectua cette même année le peintre Paul Klee. Dans ce troisième roman, salué par Le Monde des Livres et Paula Jacques dans son émission Cosmopolitaines sur France Inter, et qui obtint le prix Littérarure Alberto Benveniste 2002, Anne donnait toute la mesure de son talent d’écrivaine.
Les deux autres ouvrages d’Anne parlent du mal qui l’a emportée. Apprivoiser le crabe (Phébus) est un dialogue avec sa cancérologue, Élisabeth Angellier. Chimiofolies (HB éditions) est une suite d’instantanés dans lesquels elle traite son ennemi intime le crabe avec panache et dérision, à la façon d'un Pierre Desproges.
Impossible de terminer ce tour d’horizon sans évoquer un roman inédit d’Anne, qui aurait dû paraître en 2001 dans la collection Moulard. Malheureusement, le premier feuilleton (oulipien) du 3e millénaire, qui racontait les tribulations d’un jeune Costarmoricain obèse, prêt à tout pour aider son prochain, totalement mythomane et inconscient, s’arrêta au bout de 6 épisodes, suite à une défaillance de notre éditeur, et ce roman, que je lui avais commandé, est hélas resté à l’état de manuscrit. Dans Traquenard sur le rocher, le héros soigne un blaireau blessé qui s’échappe et se retrouve dans un élevage industriel de poules, où il est enlevé par des inconnus et se réveille à Gibraltar. Ses geôliers s’étant mépris sur son identité, il endosse la personnalité d’un  scientifique impliqué dans la découverte du Printanium, un redoutable virus bactériologique capable de créer une épidémie de peste bubonique. Sur ce point de départ, Anne Matalon raconte une histoire hilarante, avec l’arme qui était sa marque de fabrique : l’humour grinçant.
Anne Matalon va beaucoup manquer à ses amis. Et à la littérature. On peut lui rendre hommage en lisant (ou relisant) ses livres.
Jean-Jacques Reboux, 14 juillet 2012

RETOUR PAGE D'ACCUEIL

mercredi 9 mai 2012

Lunes blafardes (la face cachée du crime) : the end

La collection Lunes blafardes, qui publia 22 titres depuis mars 2006, s’arrête avec la réédition, 20 ans après [lire ici], de Pain perdu chez les Vilains. Il n’y a plus de place, en France, pour  les petits éditeurs indépendants publiant des auteurs français (ignorés par les médias et, hélas, par un nombre croissant des plus importants festivals "polar", qui ne s'intéressent qu’aux grosses cylindrées et aux auteurs étrangers). Par ailleurs, l’explosion quasi exponentielle du nombre de polars publiés en France et la situation difficile des libraires (qui courent après la trésorerie) ont rendu ces derniers temps la collection presque "invisible". BREF. Ni fleurs, ni couronnes, ni regrets.
Pour mémoire…
1. Corps-morts, Sylvie Rouch (prix Polar dans la ville 2006)
2. Dernier combat, Sylvie Cohen (prix du Roman policier de l'Académie de Marseille 2006)
3. Enquête d'un père, Olivier Thiébaut
4. La colère des enfants déchus, Catherine Fradier (Grand prix de Littérature policière 2006, prix Sang d’Encre 2006)
5. Industrielle romance, Laurent Fétis
6. Sous la peau du monde, Del Pappas
7. Le dernier des indomptés, Dominique Zay
8. De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi, Jean-Jacques Reboux
9. Dans la cendre, Alexandre Dumal
10. Résilience d'auteur, Hervé Mestron
11. Camino 999, Catherine Fradier (prix Polar SNCF 2007)
12. Les hyènes, Arnaud Gobin
13. Sansalina, Nicolas Jaillet (réédition Folio Policier)
14.  Chien fantôme, Pierre Cherruau
15.  Lo Cro do diable, Serge Vacher
16. Le banquet des sylphes, Arnaud Gobin
17. La santé par les plantes, Francis Mizio
18. Mammouth rodéo trash, Sylvie Cohen
19. Le ranch of Léon, Serge Vacher
20. Je suis un terroriste, Pierre Brasseur
21. Le blues de l'équarrisseur, Serge Vacher
22. Pain perdu chez les Vilains, Jean-Jacques Reboux
23. Vive la F.A.R.C.E. ! Zilber Karevski
24. Le crépuscule des gueux, Hervé Sard

Pour en savoir plus sur tous ces titres, se reporter au site des éditions Après la Lune.
 

mardi 3 avril 2012

L‘édition comme un sport de combat. "813" rend hommage à "l'éditeur fou" Jean-Jacques Reboux


En 1992, je fondai les éditions Canaille pour éditer mes premiers romans refusés par tous les éditeurs (méchants!). Vingt ans (et 121 livres) plus tard, après un passage aux éditions Baleine (merci Antoine de Kerversau, merci Jean-Bernard Pouy), je suis toujours éditeur à l'enseigne d’Après la Lune. Et ça commence à bien faire : il n'y aura pas de 21e année…
La revue 813, qui m’avait à mes débuts donné un sacré coup de main (merci Michel Lebrun, Jean-Louis Touchant, Françoise Poignant), rend hommage à mes activités "de petit éditeur un peu fou". Et ça fait du bien, par les temps qui courent!!! L’article est signé Christophe Dupuis, ex-libraire à Langon, ex-éditeur de la revue L’Ours polar, rencontré il y a un paquet d'années lors d’un raout avec des apprentis libraires, rue des Terres-au-Curé (!), à Paris. Le site de la revue est ICI.
Je reviendrai bientôt sur ces 20 années parsemées de joies, de belles rencontres (Pierre Filoche, Michel Chevron, Pierre Fossard, Pierre Siniac, Sylvie Rouch, Caryl Férey, Sylvie Cohen, Yasmina Khadra, Hervé Jaouen, Jean-Pierre Andrevon, Hervé Prudon et les autres, tous les autres…), de coups de sang, de coups de Jarnac, d'embûches et de procès (le dernier étant celui, minable et crapoteux, intenté par Mme Catherine Fradier, qui devrait avoir lieu début 2013).

dimanche 1 avril 2012

"De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi", coup de cœur à la Fnac Saint-Lazare


"L'imagination de Jean-Jacques Reboux ne connaît aucune limite. De fait, l'histoire est inracontable. Sachez néanmoins que Bernard Maresquier, chausseur à la retraite, a de grandes conversations avec De Gaulle et qu'il a un secret à vous révéler. Hilarant."

C’est signé Clara da Silva, libraire au rayon polar de la Fnac Saint-Lazare.

Dans le contexte désastreux actuel de l’édition, voilà une nouvelle qui fait plaisir. D'autant que Clara a également eu un coup de chœur pour La santé par les plantes de Francis Mizio, publié dans la même collection Lunes Blafardes, qui n’est hélas plus guère en cour chez les libraires.

De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi et La santé par les plantes (n° 8 et 17, coll. Lunes Blafardes, éditions Après la Lune).

jeudi 16 février 2012

35 témoignages pour dire que je ne suis pas un escroc mais un éditeur probe et sérieux

Il y a 16 ans, je faisais la connaissance de Catherine Fradier à Valence, lors d'une mémorable dédicace à la librairie Urubu, en compagnie de Michel Chevron. Depuis, l'eau a coulé sous les ponts… J'ai publié quatre romans de cette personne, qui a obtenu (grâce à moi, j'ose le dire) le prix Polar SNCF et le Grand prix de Littérature policière. Nous avons vaincu l'Opus Dei, qui nous attaquait en diffamation. En septembre 2011, cette personne m'a attaqué en justice, au motif que je lui devais 1.341 euros de droits d'auteur (remboursés depuis). Elle me réclame 25.000 euros de dommages et intérêts (plus une publication judiciaire à hauteur de 10.000 euros). Un procès aura lieu, courant 2013 [le mardi 26 mars à 10 h]. Dans cette optique, j'ai déposé hier à mon avocat 35 témoignages d'auteurs, éditeurs, libraires, illustrateurs, photographes, attestant que j'étais un éditeur sérieux, propre sur lui (bien qu'anar et souvent mal rasé), probe, peu mercantile et défendant ses auteurs et leurs livres avec passion (et peu de moyens). C'est le genre "d'aventure" dont on aimerait se passer, mais bon, ça permet aussi de compter ses amis…

mardi 7 février 2012

"Pain perdu chez les vilains" : retour à Villemoche (1992-2012)


Il y a vingt ans paraissaient aux éditions Canaille, créées pour l'occasion, mes deux premiers romans, Pain perdu chez les vilains, et Fondu au noir, réédité trois fois depuis (chez CanailleBaleine, puis, ô gloire, Gallimard, en Folio policier). En revanche, Pain perdu chez les vilains est depuis longtemps épuisé. C'est pourquoi j'ai décidé de le rééditer, après l'avoir retravaillé de fond en comble.  


Retrouvailles émues avec le pas piqué des hannetons commissaire Marcel Coltraz, à peine vieilli, ainsi que le maire anarchiste de Villemoche, Étienne Carval.
Dans la préface, je retrace l’itinéraire hallucinant suivi par ce roman, écrit en 1983 à la suite d’une petite annonce dans le journal (le prix France 3/Télérama cherchait des manuscrits), qui aurait dû paraître chez Denoël, dans la collection Sueurs froides, dirigée par un grand monsieur nommé Michel Bernard, trop tôt disparu, et fut finalement publié neuf ans plus tard
Illustration : couverture de Philippe Routier, créateur du graphisme "Lunes blafardes" et celle de l'édition originale, avec une illustration (que j’adore) de Renata Zolcinska. Où t’es passée, Renata? Paris? Varsovie? New York? 

Gérard Collard encense "Camus dans le narguilé" de Hamid Grine

Camus dans le narguilé, de Hamid Grine (éditions Après la Lune, collection Bel Horizon)
Grâce à la chronique de Gérard Collard sur France Info, il s'est vendu 475 exemplaires de ce livre en une semaine, et je l'ai réimprimé. On croise les doigts pour que ça continue…

dimanche 2 octobre 2011

Catherine Fradier intente un procès aux éditions Après la Lune


Le 31 mai 2007, l'Opus Dei portait plainte en diffamation [lire ici] contre Catherine Fradier, auteur de Camino 999, et moi-même, son éditeur. Déboutée le 31 novembre, l'Opus Dei fera appel. Le 22 janvier 2009, la cour d'Appel confirmera le jugement du tribunal. Trois jours après cette superbe victoire (qui sauvera la vie des éditions Après la Lune) et une dizaine de jours après que je lui eus versé avec six mois d'avance plusieurs milliers d'euros de droits d'auteur, en signe de reconnaissance, Catherine Fradier m'apprendra par un coup de téléphone matinal qu'elle venait de signer un contrat chez un autre éditeur (Au diable Vauvert), me mettant devant le fait accompli, négligeant la clause d'exclusivité qui nous liait par contrat et, surtout, détruisant la confiance qui s'était installée entre nous depuis… 15 ans (depuis une soirée bien arrosée à la librairie Urubu de Valence, où j'étais reparti avec, sous le bras, ses premières nouvelles, lues, appréciées, disséquées…), et ce que j'avais naïvement pris pour une vraie amitié. Près de cinq ans plus tard, nous allons nous retrouver dans un prétoire, non plus côte à côte, mais face à face…

Par une assignation du 27 septembre 2011, Catherine Fradier m’intentait un procès pour non-paiement de droits d’auteur, me réclamant 2851,44 €, alors que je ne lui devais, et ce depuis deux mois, que 1.314,37 € (cette somme a été, depuis, très rapidement versée) et demandant la résilitation des deux contrats qui nous lient, La colère des enfants déchus  et Camino 999, dont elle prétend que je n’aurais rien fait pour les défendre. [Le premier, refusé par TOUS les éditeurs sauf moi, fut récompensé par le prestigieux Grand prix de littérature policière. Le second fut l’objet d’une forte médiatisation, à l’occasion du procès de l’Opus Dei, puis lors de l’obtention du prix Polar SNCF.]
Mme Fradier, refusant l’arrangement que je lui proposai, a préféré maintenir sa plainte. En guise de réparation, elle réclame aux éditions Après la Lune la coquette somme de 35.000€ (dommages et intérêts, réparation des préjudices subis, frais d’insertion dans la presse). Je demande pour ma part 10.000€ de dommages-intérêts pour procédure abusive. Ma défense sera assurée par Antoine Comte.
Cette assignation, choquante aussi bien sur le fond que sur la forme, est truffée de commentaires extrêmement blessants à mon égard, comme en témoigne l'ahurissant passage où il est fait état de mes activités militantes pour la dépénalisation du délit d'outrage. [lire ICI]
Le procès aura lieu le mardi 26 mars 2013 à 10h, devant la 3e chambre civile du TGI de Paris.
[Article mis à jour début 2013]

Pour l'ex-flic Catherine Fradier, on ne peut pas lutter contre le délit d'outrage et être un bon éditeur


Le texte qui suit est extrait des conclusions de l'avocat de Catherine Fradier. A noter (un peu de délation ne saurait nuire à l'atmosphère de pourriture dans laquelle baignent les allégations de Mme Fradier) qu'à l'époque (été 2008), cette dernière avait refusé de signer la pétition demandant la dépénalisation du délit d'outrage au motif que cela pourrait lui porter préjudice dans ses rencontres avec la gente policière, dans le cadre de ses recherches pour l'écriture de ses futurs romans. C'est à ce genre de détail que l'on mesure la grandeur (et le professionalisme) d'un grand auteur de polar. L'ex-flic Catherine Fradier fait preuve de moins de prudence lorsqu'il s'agit de dénoncer les prétendues turpitudes d'un éditeur qui la suit depuis… près de 20 ans, et publia 4 de ses romans!

...."M. Reboux revendique dans ses écrits un comportement désinvolte et musclé comme peut en témoigner un article du journal Libération, évoquant le combat de M. Reboux pour la dépénalisation du délit d'outrage. M. Reboux apparaît comme un "anar", "d'une hypersensibilité totale", "aiguillé par la rage antiflic", "indécis", avec une "carrière relevant plus de l'inventaire à la Prévert que du parcours structuré".
....La description de son rôle d'éditeur est édifiante. "Aujourd'hui, il dirige tant bien que mal Après la Lune, fait quelques ateliers d'écriture qui l'aident à vivre sans l'enthousiasmer. (…) La maison d'édition, elle, est en friche. L'échec d'une très jolie collection, La Maîtresse en maillot de bain, l'a un peu plombée. L'activisme juridique de son dirigeant l'en a éloigné. (…) La fronde gronde d'ailleurs chez ses auteurs, qui trouvent que leur éditeur se mobilise trop pour ses combats et pas assez pour leurs livres. Les prochains titres ne sortiront qu'en avril 2009. L'outrageur a-t-il mangé l'éditeur? Continuer? Arrêter? Il hésite…"
Libération, "L'outrageur outragé", jeudi 23 octobre 2008

Face à une argumentation aussi imparable, nul doute que les juges sauront me condamner à une lourde peine!!! Je me permets tout de même de faire remarquer à l'avocat de C. Fradier que l'éditeur inconséquent que je suis a publié en 19 ans plus de 125 livres, parmi lesquels les premiers romans d'écrivains aussi mineurs que Yasmina Khadra ou Caryl Férey

samedi 27 août 2011

Lulu, poule ardéchoise



Lulu, poule ardéchoise de 2 ans, rescapée d'un carnage (7 gallinacées massacrées par une fouine durant l'été 2010), a été endormie artificiellement (4'30 d'apnée) par mes soins, selon la fameuse méthode hypno-giratoire de mon grand-père Eugène.

(photo prise à la ferme de Georgette et Henri Volle, à Saint-Sauveur-de-Montagut, le surlendemain du premier tremblement de terre ayant secoué l'Ardèche depuis 13.000 ans!)