mardi 9 avril 2013

"Petite éloge de la méchanceté" . Le 29 novembre 2013, ça va canarder !

Jadis, dans la sublime revue Caïn éditée en Vendée par François Braud et Jacques Jamet (qui fut longtemps mon gourou, je le confesse), je tenais une chronique d’une extrême méchanceté, dans laquelle je tirais à vue sur tous les fâcheux qui m’indisposaient. (Je m’étais même attaqué au très célébré et très réac James Ellroy, c’est dire si je n’avais peur de rien!) Ma signature annonçait la couleur : intrépide, incorruptible, teigneux, glacial, Johnny Boxeur était sans pitié et foutait la trouille à tout ce qui avait vaguement quelque chose à se reprocher dans le landernau du polar.
Il y a quelques années, après quelques déboires avec des flics  légèrement abîmés de la cafetière, je m’étais fait une réputation d’outrageur de poulet, n’hésitant pas à faire convoquer un flic dans les bureaux de l’IGS (pour une histoire d’obstruction à la circulation) Avec quelques "outrageurs", nous créâmes le CODEDO, qui fit ce qu’il put pour dépénaliser le délit d’outrage. (Nous sommes au moins parvenu, grâce à Hervé Éon, à provoquer la déchéance du délit d’offense au chef de l’État, ce qui n’est pas rien…)
Sur la lancée, dans la peau de Fernand Buron, je m’étais même lancé à l’assaut de l’Élysée (sans armes, avec juste une pancarte Casse-toi pov'con!). Ce qui me valut une croustillante garde à vue, le jour de l’anniversaire du détrousseur de vieilles dames Sarkozy, et un classement sans suite de l’affaire par le procureur de la République de Paris (les procs ne sont plus ce qu’ils étaient, je vous le dis).
Plus récemment (2011), traîné dans la boue et devant les tribunaux par Mme Catherine Fradier (aux côtés de qui j’avais fait plier le Goliath Opus Dei dans un procès qu’elle semble avoir oublié), jugulant ma colère (les préceptes enseignés par mon gourou vendéen avaient porté leurs fruits!), je me tins coi et, plutôt que de faire appel à une officine de spadassins pour laver cet affront, je laissai à mon avocat le soin de défendre mon honneur et mes intérêts.
Il y a peu, un individu fort connu sur la planète "littérature", et dont je ne citerai pas le nom ici (pour le moment) parce que je ne tiens pas à écorcher ma plume, me lança quelques détestables anathèmes, qui, à défaut de me couper la tête, me coupèrent le sifflet, et d’autres choses encore. Là encore, je fis profil bas. Ne donnons pas du grain à moudre aux grands paranoïaques…
Dans le milieu polardesque, où tout se sait, les langues se délièrent : l’animal Reboux aurait-il rentré ses griffes? Aurait-il perdu sa verve lunatique? Lui aurait-on trépané les ailes du cerveau? C’est ce que pourrait également laisser croire l’appréciation portée par mon ami Caryl Férey (pas plus suspect de complaisance que de méchanceté à mon égard) qui, dans son dernier livre, va jusqu’à m’affubler du délicieux sobriquet Coussinet Sensible. (Vous imaginez la honte? Quinze ans après, Johnny Boxeur revient, il a remplacé son punching-ball par un air-bag et il se fait appeler Coussinet Sensible!)
Ces rumeurs sont, bien entendu, totalement fausses. Je vous assure, amies lectrices, amis lecteurs, que je n’ai été ni lobotomisé, ni remis au pas.
Et je vous en donnerai la preuve ici-même, le 29 novembre 2013, à la rubrique CANARDAGES.

"De Dakar à Paris, un voyage à petites foulées" de Pierre Cherruau (Calmann-Levy)



Pierre Cherruau est journaliste. Il a longtemps été responsable du service Afrique à Courrier International, avant d’être rédacteur en chef du site Slate Afrique, dont il vient d’être viré dans des conditions très étranges.
Pierre Cherruau est aussi écrivain. Tous ses romans parlent de l’Afrique, continent dont il a visité quarante pays. J’ai publié de lui le magnifique Nena Rastaquouère (1997) avec une préface hilarante de Didier Daeninckx, Lagos 666 (2000) aux éditions Baleine, puis Chien fantôme chez Après la Lune (2008), qui racontait un voyage haut en couleurs dans le "train bleu" reliant Dakar à Bamako, la capitale du Mali.
Pierre Cherruau est également marathonien. En 2010, il décide de se lancer dans un défi un peu fou : parcourir Dakar-Paris en courant. De ce voyage, chroniqué à l’époque sur son blog Dakar-Paris, il vient de tirer un livre qui se lit comme on regarderait passer une course (de fond) à pied, en prenant son temps pour détailler les coureurs, voire en faisant un bout de chemin avec eux.
 De Dakar à Paris, un voyage à petites foulées (Calmann-Levy) est le condensé de ses trois professions (de foi) : écrivain, journaliste, marathonien. Pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais mis les pieds au Sénégal (ni même en Afrique noire), De Dakar à Paris est une façon épatante de découvrir ce pays pauvre, attachant, où la démocratie est venue à bout des démons du népotisme, d’où partirent les esclaves en route vers le Nouveau Monde et d’où fut prononcé le tristement célèbre "discours de Dakar" du caporal Sarkozy et de son affidé le raciste paranoïaque Henri Guaino. On y apprend comment y vivent les gens, comment ils s’accomodent du capitalisme le plus échevelé tout en respectant les traditions, comment ils accueillent le voyageur, qu’il soit noir ou toubab (la fameuse hospitalité sénégalaise, la teranga), comment des décennies de laisser-aller ont fait de ses rivages parmi les plus pollués de l’Atlantique (sidérant!) et de ses routes parmi les plus meurtrières d’Afrique (la trouille de l’auteur de se faire écraser en courant sur le bas-côté est récurrente). En ce sens, il peut se lire également comme un ouvrage d’anthropologue, l’auteur, de par son mode de déplacement "lent", ouvrant des portes que seul un coureur de fond peut encore prendre le temps de pousser, ce qui donne à ce voyage parfois enchanteur, souvent désenchanté, un côté humaniste. Du journalisme à hauteur d'homme, en quelque sorte, loin de certaines pratiques évoquées plus haut…
C’est aussi un bel hommage à un père homonyme, Pierre Cherruau, ex-journaliste au Monde à Bordeaux, mort d’un cancer, qui légua à son fils, en plus de la passion journalistique, celle de la course à pied. Si l’on peut regretter que tout le passage espagnol soit passé sous silence (mais peut-être Pierre Cherruau a-t-il pris l'avion, ah, ah!), le retour en Anjou (d’où est originaire l’auteur, né à Dunkerque) et les retrouvailles avec l’ami de déportation de son grand-père, sont bouleversants.

"La maison" de Nicolas Jaillet, le roman de l’évasion conjugale, 122 pages de pure littérature, réédité chez Milady Thriller



Je ne suis pas très objectif avec Nicolas Jaillet. D’une part, c’est un auteur dont j’ai publié deux romans aux éditions Après la Lune, Sansalina (magnifique western métaphysique, épuisé,  réédité en Folio Policier) et Nous les maîtres du monde (sublime histoire de super-héros). D’autre part, c’est un ami…
N’empêche, en toute objectivité, son 4e roman, La maison, paru chez Rue du Départ  en 2013 et réédité en septembre 2016 dans la collection Milady Thriller est, je pèse mes mots, un petit bijou! Qui figurerait dans les sélections du Livre Inter ou du prix des Lectrices de Elle s’il était publié chez Minuit, POL ou Verticales. Passons.
Le sujet du livre est (hélas) banal. Martine, maltraitée par son mari, prépare son "évasion" du foyer conjugal. Le traitement, en revanche, l’est beaucoup moins (banal).
Nicolas Jaillet, qui fait partie des rares romanciers changeant résolument de genre et de style à chaque nouvel opus, réussit le tour de force de raconter une histoire terrible sans rien dire des choses terribles, grâce à une subtile distanciation narrative (le roman est raconté du point de vue du fils de la femme battue, qui n’a évidemment, comme souvent dans ce genre de situation, "rien vu"). Tout est suggéré, sous-entendu. La peur est présente à chaque ligne. Et ça fout la trouille. C’est un livre qu’on ne lâche pas. Et c’est écrit dans une langue – je ne vous dis que ça – concise, lissée jusqu’à l’épure.

Mais je laisse la parole à Marcus Malte, qui en a écrit la préface : "Une angoisse, une oppression superbement rendue par la subtilité de l’écriture. Car écrire, c’est faire des choix : il y a ce que l’on montre, il y a ce que l’on suggère simplement. Autant d’ingrédients que Nicolas Jaillet, en fin architecte, en solide maçon, en parfait magicien, dose. Certaines maisons, paraît-il, sont hantées. Cette maison-là est de celles qui vous hantent."

Coup de cœur Emmanuel Delhomme (librairie Livre Sterling) sur France Inter
Extrait. "Il y a des souvenirs imaginaires. Nous en avons tous : parfois sans le savoir. Des images que nous gardons gravées dans notre esprit. Par leur précision, elles dépassent souvent nos vrais souvenirs. Et pourtant, ces souvenirs sont faux."

mardi 26 mars 2013

Apéro de l’amitié au bar des Deux Palais


Merci du fond du cœur pour leur présence au tribunal à Michel, Nicolas, Alain, Marie-Christine, Sylvie, Jean-Bernard, Héliette, Jean-Claude, Sylvie, Régis, Nicole, Christian, Jocelyne, Eva, Stanislas, Hélène, Fernand, Maria, Nicole et Céline.
Ainsi qu’à toutes celles et ceux qui n’ont pas pu venir et m’ont témoigné de leur amitié et de leur soutien.
Digestif prévu le 24 mai 2013.

vendredi 22 mars 2013

Procès Fradier : des messages de soutien réconfortants

Depuis quelques jours, je reçois des dizaines de messages de soutien dans le procès qui m’oppose à Catherine Fradier. Venant d’amis, de lecteurs, connus ou inconnus, de libraires, d’auteur(e)s, d’ex-collègues postiers. Parmi ceux-ci, l’un d’eux, émanant d’un confrère écrivain que je connais peu (donc peu suspect de "copinage") et dont je ne citerai pas le nom (je le regrette d’autant plus que j’apprécie beaucoup son travail), m’a particulièrement fait chaud au cœur, qui résume assez bien le dégoût qu’inspire à beaucoup le panache flétri de cette dame.
Bonjour Jean-Jacques,
On se connaît peu, je ne suis pas de Paris, je ne pourrai être là, mais je me permets de t’envoyer un petit message de soutien, comme ça, face à une démarche que je me bornerai à qualifier de dégueulasse. J’avoue être stupéfait par ce genre d’attaque de la part de quelqu’une qui en faisait des louches à propos de sa "croisade" contre l’Opus Dei (lors d’une fête de l’Huma, je me suis farci deux jours son argument publicitaire).

Une auteure qui voudrait devenir grande, dis-tu. Elle oublie seulement deux choses: c’est d’abord à l’aune de l’écriture et de l’œuvre que cette grandeur peut se juger – et pour le moment on manque un peu de preuves ; ensuite, c’est en se gardant de la petitesse, de la médiocrité mercantile qu’on devient "grand" et qu’on le reste.
Hélas, on n’est jamais trahi que par les siens (en Auvergne, ils disent chiens, mais ils parlent mal, par là-bas), ou ceux qu’on croit tels.
Salutations solidaires.

lundi 11 mars 2013

"L’esprit Bénuchot", making-off. Etienne Klein explique la masse des particules

Dans ce film, réalisé deux ans avant la découverte (août 2012) au LHC de Genève, du fameux boson de Higgs, Étienne Klein explique comment, si la théorie du boson de Higgs est confirmée, les particules n’auraient plus de masse (comme on nous l’a appris à l’école depuis Newton), mais que leur masse résulterait de l’interaction d’objets de masse nulle avec le vide (constitué, comme vous le savez, de bosons de Higgs). C’est également la théorie développée dans mon roman quantique (à paraître en 2016 chez Lemieux éditeur) L’esprit Bénuchot par Jules Bénuchot, chauffeur de taxi à la retraite, obsédé depuis plus de cinquante ans par le fait que le déplacement des gens dans une foule serait générateur de forces d’inertie comparables à celles mises en avant dans les "champs de Higgs". Autrement dit, qu’il y aurait un rapport entre les théories quantiques (de l’infiniment petit) et les théories newtoniennes (du macroscopique). Vous n’avez pas compris? Ce n’est pas grave. Tout cela vous sera infiniment mieux expliqué dans le roman…

samedi 2 mars 2013

Romans quantiques : en attendant "Monsieur Bénuchot"




En décembre 2012 a paru chez Gallimard un roman de Philippe Forest, Le chat de Schrödinger, qualifié par Dominique Léger dans L’Express de premier roman quantique. Ce qui est loin d’être vrai puisque paraissait en 1992 à la Série Noire un roman atypique, inclassable et génial du mytérieux A.C. Weisbecker où la physique quantique tenait un rôle primordial (il y était notamment question du comportement alléatoire des particules, dans une intrigue se déroulant chez des trafiquants de drogues mexicains). D’autres ouvrages romanesques traitent également de ce sujet casse-gueule (la physique quantique, rappelons-le aux aliborons, s’intéressant à l’infiniment petit, tandis que la littérature, a priori, traite, comme la physique newtonienne, de l’univers macroscopique). Résolu à garder une certaine "virginité", j'avoue que je ne les ai pas lus, me contentant d’ouvrages de vulgarisation, notamment l’excellent Petit voyage dans le monde des quanta, d’Étienne Klein, et de conférences sur le sujet, dont la très réjouissante rencontre avec le prix Nobel de physique Serge Haroche organisée par Libération en janvier (et à laquelle Monsieur Bénuchot était, bien évidemment, présent) , en attendant d’assister à ses cours (là, ça ne va plus rigoler!) au Collège de France.
Étant attelé, depuis 18 mois, à l’écriture d’un roman dont la physique quantique est l’un des fils directeurs, j’ai tout naturellement lu le roman de Philippe Forest (dont je n’avais auparavant rien lu), un peu abstru au départ, je dois l’avouer (on n’entre pas dans l’univers quantique comme dans un moulin!), mais dont les sillons métaphysiques (surtout dans les trente dernières pages) tracent des pages d’une effarante beauté (et aussi d’une tristesse infinie).
Je l’ai lu en me disant: “Pourvu que Le chat de Schrödinger n’utilise pas les mêmes "ressorts" que mon L’esprit Bénuchot à moi!" Fort heureusement, l’histoire n’a rien à voir, ouf… Monsieur Bénuchot va pouvoir continuer son tranquille petit bonhomme de chemin…

lundi 25 février 2013

Quand une école privée fait la quête auprès des petits éditeurs pour financer ses ateliers d'écriture


Depuis que j'ai eu l'idée (chevaleresque mais stupide) de créer les éditions Après la Lune (66 titres publiés depuis mars 2006), il ne se passe pas de semaine sans que je ne reçoive des courriers d'enseignants, d’instituteurs, de parents d’élèves ou de bibliothèques fauchées demandant, pour une tombola, un rallye, un défi-lecture, un concours du plus gros mangeur de livres, que sais-je encore, l’envoi de livres gratuitsQuand j’ai le temps et que je ne suis pas trop énervé (ce qui est rare), il m’arrive de répondre, en substance : "Vous êtes bien aimable de faire appel à nous, mais savez-vous, cher enseignant censé avoir fait des études et, donc, connaître certaines choses élémentaires constitutives de notre société, parmi lesquelles l’économie du livre, ce truc relié avec plein de feuilles, dont vous vous servez tous les jours pour enseigner aux petits z’enfants de la patrie comment ça marche tout le bazar, la société, la nature, l'histoire, la géographie, les mathématiques, bref, tout ce qui nous distingue des animaux [j'ai été instituteur dans une vie antérieure] et qui s'appelle l'INTELLIGENCE, que les livres ne poussent pas directement dans les arbres, qu'il faut auparavant les fabriquer, puis payer le libraire, le diffuseur, le distributeur, l’auteur, bref, que tout cela a un coût, et que vous pourriez, au moins, proposer de payer les frais postaux (prohibitifs)" [ce que ne m’ont jamais proposé aucun de nos culottés quémandeurs]. En général, on se confond en plates excuses, du genre "pardonnez-nous si nous vous avons offensé, cher petit courageux éditeur, on ne savait pas, on n'y avait pas pensé, on ne nous l’avait pas dit, on pensait que, comme les agriculteurs, vous aviez des excédents…" et l’on en reste sur cet acte de contrition.Voici le courrier gonflé (au gaz de christe?) que j'ai reçu, émanant d'une école privée catholique du Morbihan, dont j'ai biffé le nom, par pure charité chrétienne. Bon, je vais me servir un petit calvados pour soigner mon courroux…Madame, Monsieur,







Pourquoi des enfants normalement scolarisés, sans problème d'apprentissage spécifique, et ayant acquis les mécanismes de la lecture, ne vont-ils pas naturellement vers le livre ?
Partant du constat que plus de la moitié de la population n'achète pas de livre et, depuis l'école, n'a aucune pratique de la lecture-plaisir, l'équipe pédagogique de l'école Saint-Joseph de [………] dans le Morbihan, propose une démarche engagée au service du monde de l'enfance et de la jeunesse en organisant un séjour autour du désir d'écrire, du 2 au 6 avril 2013. L'objectif principal de cette expérience est de développer l'intérêt pour la lecture en fédérant les enfants autour d'un projet commun d'écriture, en un lieu magique : Belle-île.
Ce projet concerne les élèves de CE1, CE2, CM1 et CM2 soit en tout cinquante-cinq enfants. Il sera l'occasion exceptionnelle de rencontrer Paul Beaupère, auteur jeunesse, illustrateur, indépendant multifacettes particulièrement impliqué dans les causes et les conséquences de l'écriture comme moyen d'ouvrir des horizons, de développer l'imaginaire, de donner le goût de lire. Cette aventure donnera naissance à un livre dont le sujet est encore tenu secret...
Le coût brut du séjour est de 265 euros par élève. Le budget total du projet s'élève ainsi à 14,575 euros. Des réductions viennent s'appliquer en fonction des recettes réalisées au cours des différentes manifestations de l'APEL (Association des Parents d'Élèves) et de l'OGEC (Organisme de Gestion des Écoles Catholiques), un co-voiturage entre parents est mis en place pour réduire le plus possible les frais mais le coût demandé aux familles, souvent issues de milieu modeste, reste néanmoins conséquent. Certaines d'entre elles ont parfois même deux enfants participant à ce projet.
Connaissant votre engagement à soutenir et promouvoir la littérature d'enfance et de jeunesse, nous vous saurions gré de bien vouloir attacher un intérêt tout particulier à notre demande de soutien financier en encourageant la créativité littéraire des enfants et en leur donnant par là-même le goût de lire.
Nous serions particulièrement honorés de vous compter comme partenaire exceptionnel de l'école Saint Joseph dans la réalisation de son projet « Écrivains en herbe », atelier d'écriture à Belle île. Nous nous tenons bien entendu à votre entière disposition pour plus de renseignements utiles.
Dans l'attente du plaisir de vous lire nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de nos sincères salutations.

vendredi 26 octobre 2012

La fine équipe de Moulard, roman-feuilleton oulipien ! (juin 1999)

Crédits photo : Pierre-Jérôme Coulmin 
À la suite de la disparition d’Anne Matalon (qui en avait écrit un épisode), je viens de retrouver les planches-contact de deux photos des auteurs qui devaient participer aux Aventures extraordinaires de Moulard, le 1er roman-feuilleton du 3ème millénaire, prévu pour 22 épisodes et qui s’arrêta finalement au n° 6, suite à un abandon en rase campagne de notre fieffé gredin d’éditeur, et malgré des ventes à 2.600 exemplaires (un chiffre qui fait rêver en 2012!)
C’était au siècle dernier (juin 1999), une époque héroïque où il était encore permis de rêver quand on envisageait de se consacrer à l’écriture et à… des projets fous !! Réunis à l’occasion du mythique Chapiteau-Polar de la Bastille organisé par le non moins mythique libraire Gérard Moreau (émigré depuis dans sa Bretagne), la bande à Moulard avait la baraka ! (Nous étions jeunes et beaux, ah, ah !)
Moulard, né dans les Côtes d’Armor à Pordic (fief du redoutable pirate Frédéric Prilleux) dans une coquille de Ouest-France (Mouloud Akkouche devenant Moulard Akkarche!!!), 94 kilos, 32 ans dont 7 de RMI, fan de Thiéfaine, le cœur sur la main, vêtu de son increvable trashpekno à 22 poches, était un menteur capable de se tirer de n’importe quel merdier, mais avec un (très) gros problème : sa fiancée Pénélope exigeait qu’il perdît 11 kilos pour l’épouser. L’une des (multiples) contraintes pour chaque auteur étant de lui faire perdre 500 grammes par épisode, avec un final obligatoire chez le célèbre acupuncteur Dai-Sy Tran…
Ce roman-feuilleton avait démarré en fanfare (invitation à l’émission de Philippe Bertrand Trafic d’influences sur France Inter, une page entière dans Libération (descente en flèche d’Edouard Waintrop qui n’avait pas compris que ce n’était pas du polar, mais de la rigolade!), un partenariat efficace avec Ouest-France Dimanche (avec la regrettée Christine Brûlé), et puis, et puis… comme parfois (comme trop souvent) un éditeur qui ne suit pas, qui s’en tamponne le coquillard, et qui nous assassine…

Critique parue dans Le Matricule des Anges : ICI.

Photo de droite, en haut, de gauche à droite : Anne Matalon (Moulard n°9, non paru), Jacques Vallet, Frédéric Prilleux (n°6), Christian Ryo, Jean-Jacques Reboux (n°1), Marie-Ange Poyet, Anne Soalhat, Laurent Fétis (n°4), Francis Mizio, François Braud. En bas : Pierre Filoche (n°9, non paru), Olivier Garnier, Yves Bulteau (n°2) , Michel Pelé (n°6), Mouloud Akkouche, Thierry Gatinet.
Photo de gauche : les mêmes, plus Patrick Mercado, dit Nounours (celui qui est un peu plus empâté que les autres).
Manquent à l’appel : Élise Fugler (n°5), Michel Chevron (n°7, non paru), Sylvie Rouch (n°8, non paru), Catherine Fradier (n°3), Dominique Renaud (n°10, non paru), Jean-Bernard Pouy, Stéphane Geffray et Gilbert Morandi (illustrateur des couvertures).

lundi 24 septembre 2012

Voyous. Flammarion pilonne "C’est à cause des poules" sans m’en informer

Quand j’étais môme, mon grand-père Eugène me disait: "La poule, c’est comme le cochon, tout est bon… Mais moi, c’que je préfère, c’est le pilon…" Quelques décennies plus tard, je me mis en tête de raconter mes souvenirs et mes fantasmes d’endormeur de poules, dans un roman de terroir totalement halluciné qui parut aux éditions Flammarion en décembre 2000, grâce aux bons soins d’un éditeur philosophe totalement halluciné (hélas décédé en août 2003), Dominique-Antoine Grisoni, qui me fit ce magnifique cadeau.
Ce roman, sorti entre un roman du génie des particules Houellebecq et un roman du génie charismatique Picouly (donc quantité négligeable), se vendit à 1.225 exemplaires et obtint le très convoité Grand prix de la Mayenne 2000, qui me permit de renouer avec Paulette, ma maîtresse adorée de l’école de Madré (Mayenne). Je viens seulement d’apprendre, (presque) par hasard, qu’il a été pilonné il y a quelques années par l’éditeur, sans que j’en aie été informé (en violation totale du contrat que j’avais signé avec cette noble maison, qui vient d’entrer dans le giron gallimardien). Sacré Eugène, que ne t’ai-je écouté!!!!  Que ne suis-je devenu puisatier, maçon ou bedeau, au lieu de persister à embrasser la "carrière" d’écrivain…

dimanche 15 juillet 2012

Anne Matalon nous a quittés


Dans un monde « plus juste  », le crabe – ou plutôt « les » crabes, car en quatorze années, de rémissions en rechutes, elle eut à affronter plusieurs récidives – n’aurait pas pris la vie d’Anne Matalon. Dans un monde plus juste, le Petit abécédaire des entreprises malheureuses de Anne Matalon aurait rencontré le même succès qu’Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq – ces deux romans ayant en commun de traiter, de façon radicalement différente, la vie stressante, souvent absurde, en entreprise, comme le faisait remarquer Christophe David dans Le Matricule des anges

Mais voilà, nous ne vivons pas dans ce monde-là. Anne Matalon a été emportée par la maladie, trois jours après son 53e anniversaire, et – la chose peut paraître pour le coup accessoire –, ses merveilleux romans n’ont pas rencontré le succès qu’ils auraient mérité. Le cancer, Anne ne s’est pas contentée de le combattre pour sauver sa peau. Elle avait fait de la lutte contre la maladie une philosophie, créant en 2005, dans le quartier de la Bastille à Paris, l’Embellie, la première boutique offrant ses services aux femmes atteintes du cancer (perruques, prothèses mammaires, foulards, vêtements), proposant aussi des ateliers de sophrologie, Tai-chi, Qi-qong, maquillage et ateliers d’écriture. « Parce qu’une femme malade n’est pas que malade… » D’autres boutiques ont ouvert à Strasbourg, Amiens et Namur, en Belgique.  
Par la suite, avec plusieurs femmes artistes, elle créa le Collectif Créatif des Corps Divergents, dans le but de « réinventer béquilles, cannes, attelles, etc, en y mettant de la fantaisie, de l’humour et de l’élégance, afin que ces « prolongements du corps » ne soient plus stigmatisants ».


Le premier roman d’Anne, Petit abécédaire des entreprises malheureuses, parut en 1996 aux éditions Baleine, dans la collection Canaille/ Revolver. Poussé par le succès du Poulpe, le soutien de quelques libraires avisés et une critique enthousiaste (Cavanna l’encensa dans Charlie Hebdo), il connut un succès d’estime et fut réédité chez J’ai Lu (qui ne le soutint pas et le pilonna assez vite). 


S’inspirant de la Caisse des dépôts et consignations, où elle occupait à l’époque des fonctions assez éloignées de sa formation de philosophe, elle plantait le décor : une entreprise « ordinaire », la GAL (Générale d’Assurances limousine). Dix cadres supérieurs sont envoyés en stage « hors-limites » dans le Sahara. Neuf sont assassinés, le dixième disparaît. Nathan Robinski, responsable de formation à la GAL, hypocondriaque obsédé par ses aphtes, croit reconnaître le rescapé lors d’un voyage à Copenhague, tandis que son épouse Adrienne, ethnologue en mission chez les Papous, est portée disparue. Tel est le point de départ du réjouissant Petit abécédaire, traité avec un humour décapant, une drôlerie espiègle.
Alba Capra (Baleine) réunit des détectives privés déroutants, des médecins frelatés, des bègues par accident, des folles en bigoudis, dans un polar décoiffant qui aurait enchanté Georges Perec, où l’absurde sévit dans la joie. On y apprend notamment que des adorateurs de la chèvre blanche sévissent au lycée Charlemagne, ce qui n’est guère convenable dans un établissement scolaire.

Dans le très beau Conférence au club des intimes (Phébus), Anne Matalon se penche sur ses origines grecques et juives, et nous transporte en 1913 à Salonique, capitale d'un cosmopolitisme harmonieux, où Turcs, Grecs, Bulgares, Serbes, Croates, Albanais, Tsiganes, insouciants des menaces qui pèsent, Salonique où se rendent deux jeunes peintres, un Suisse et un Français, en mal d'émotions fortes et de beauté pure, sur fond du voyage qu’effectua cette même année le peintre Paul Klee. Dans ce troisième roman, salué par Le Monde des Livres et Paula Jacques dans son émission Cosmopolitaines sur France Inter, et qui obtint le prix Littérarure Alberto Benveniste 2002, Anne donnait toute la mesure de son talent d’écrivaine.
Les deux autres ouvrages d’Anne parlent du mal qui l’a emportée. Apprivoiser le crabe (Phébus) est un dialogue avec sa cancérologue, Élisabeth Angellier. Chimiofolies (HB éditions) est une suite d’instantanés dans lesquels elle traite son ennemi intime le crabe avec panache et dérision, à la façon d'un Pierre Desproges.
Impossible de terminer ce tour d’horizon sans évoquer un roman inédit d’Anne, qui aurait dû paraître en 2001 dans la collection Moulard. Malheureusement, le premier feuilleton (oulipien) du 3e millénaire, qui racontait les tribulations d’un jeune Costarmoricain obèse, prêt à tout pour aider son prochain, totalement mythomane et inconscient, s’arrêta au bout de 6 épisodes, suite à une défaillance de notre éditeur, et ce roman, que je lui avais commandé, est hélas resté à l’état de manuscrit. Dans Traquenard sur le rocher, le héros soigne un blaireau blessé qui s’échappe et se retrouve dans un élevage industriel de poules, où il est enlevé par des inconnus et se réveille à Gibraltar. Ses geôliers s’étant mépris sur son identité, il endosse la personnalité d’un  scientifique impliqué dans la découverte du Printanium, un redoutable virus bactériologique capable de créer une épidémie de peste bubonique. Sur ce point de départ, Anne Matalon raconte une histoire hilarante, avec l’arme qui était sa marque de fabrique : l’humour grinçant.
Anne Matalon va beaucoup manquer à ses amis. Et à la littérature. On peut lui rendre hommage en lisant (ou relisant) ses livres.
Jean-Jacques Reboux, 14 juillet 2012

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mercredi 9 mai 2012

Lunes blafardes (la face cachée du crime) : the end

La collection Lunes blafardes, qui publia 22 titres depuis mars 2006, s’arrête avec la réédition, 20 ans après [lire ici], de Pain perdu chez les Vilains. Il n’y a plus de place, en France, pour  les petits éditeurs indépendants publiant des auteurs français (ignorés par les médias et, hélas, par un nombre croissant des plus importants festivals "polar", qui ne s'intéressent qu’aux grosses cylindrées et aux auteurs étrangers). Par ailleurs, l’explosion quasi exponentielle du nombre de polars publiés en France et la situation difficile des libraires (qui courent après la trésorerie) ont rendu ces derniers temps la collection presque "invisible". BREF. Ni fleurs, ni couronnes, ni regrets.
Pour mémoire…
1. Corps-morts, Sylvie Rouch (prix Polar dans la ville 2006)
2. Dernier combat, Sylvie Cohen (prix du Roman policier de l'Académie de Marseille 2006)
3. Enquête d'un père, Olivier Thiébaut
4. La colère des enfants déchus, Catherine Fradier (Grand prix de Littérature policière 2006, prix Sang d’Encre 2006)
5. Industrielle romance, Laurent Fétis
6. Sous la peau du monde, Del Pappas
7. Le dernier des indomptés, Dominique Zay
8. De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi, Jean-Jacques Reboux
9. Dans la cendre, Alexandre Dumal
10. Résilience d'auteur, Hervé Mestron
11. Camino 999, Catherine Fradier (prix Polar SNCF 2007)
12. Les hyènes, Arnaud Gobin
13. Sansalina, Nicolas Jaillet (réédition Folio Policier)
14.  Chien fantôme, Pierre Cherruau
15.  Lo Cro do diable, Serge Vacher
16. Le banquet des sylphes, Arnaud Gobin
17. La santé par les plantes, Francis Mizio
18. Mammouth rodéo trash, Sylvie Cohen
19. Le ranch of Léon, Serge Vacher
20. Je suis un terroriste, Pierre Brasseur
21. Le blues de l'équarrisseur, Serge Vacher
22. Pain perdu chez les Vilains, Jean-Jacques Reboux
23. Vive la F.A.R.C.E. ! Zilber Karevski
24. Le crépuscule des gueux, Hervé Sard

Pour en savoir plus sur tous ces titres, se reporter au site des éditions Après la Lune.
 

mardi 3 avril 2012

L‘édition comme un sport de combat. "813" rend hommage à "l'éditeur fou" Jean-Jacques Reboux


En 1992, je fondai les éditions Canaille pour éditer mes premiers romans refusés par tous les éditeurs (méchants!). Vingt ans (et 121 livres) plus tard, après un passage aux éditions Baleine (merci Antoine de Kerversau, merci Jean-Bernard Pouy), je suis toujours éditeur à l'enseigne d’Après la Lune. Et ça commence à bien faire : il n'y aura pas de 21e année…
La revue 813, qui m’avait à mes débuts donné un sacré coup de main (merci Michel Lebrun, Jean-Louis Touchant, Françoise Poignant), rend hommage à mes activités "de petit éditeur un peu fou". Et ça fait du bien, par les temps qui courent!!! L’article est signé Christophe Dupuis, ex-libraire à Langon, ex-éditeur de la revue L’Ours polar, rencontré il y a un paquet d'années lors d’un raout avec des apprentis libraires, rue des Terres-au-Curé (!), à Paris. Le site de la revue est ICI.
Je reviendrai bientôt sur ces 20 années parsemées de joies, de belles rencontres (Pierre Filoche, Michel Chevron, Pierre Fossard, Pierre Siniac, Sylvie Rouch, Caryl Férey, Sylvie Cohen, Yasmina Khadra, Hervé Jaouen, Jean-Pierre Andrevon, Hervé Prudon et les autres, tous les autres…), de coups de sang, de coups de Jarnac, d'embûches et de procès (le dernier étant celui, minable et crapoteux, intenté par Mme Catherine Fradier, qui devrait avoir lieu début 2013).

dimanche 1 avril 2012

"De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi", coup de cœur à la Fnac Saint-Lazare


"L'imagination de Jean-Jacques Reboux ne connaît aucune limite. De fait, l'histoire est inracontable. Sachez néanmoins que Bernard Maresquier, chausseur à la retraite, a de grandes conversations avec De Gaulle et qu'il a un secret à vous révéler. Hilarant."

C’est signé Clara da Silva, libraire au rayon polar de la Fnac Saint-Lazare.

Dans le contexte désastreux actuel de l’édition, voilà une nouvelle qui fait plaisir. D'autant que Clara a également eu un coup de chœur pour La santé par les plantes de Francis Mizio, publié dans la même collection Lunes Blafardes, qui n’est hélas plus guère en cour chez les libraires.

De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi et La santé par les plantes (n° 8 et 17, coll. Lunes Blafardes, éditions Après la Lune).