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lundi 21 mai 2018

"L’Esprit Bénuchot" ressuscite le 16 juin à Port-Saint-Louis-du-Rhône, le 20 juin au dîner des Mille-Feuilles et le 21 juin sur le canal Saint-Martin

La résurrection de L’Esprit Bénuchot, fauché par une mort subite du nourrisson en avril 2016, n’aura pas lieu dans une librairie, mais dans un restaurant, lors du 156e dîner-débat des Mille-Feuilles, la vénérable institution littéraire de Frédéric Fredj, qui y reçut quelques centaines d’écrivains, et pas des moindres.
Je serai en compagnie de Caroline Laurent, co-auteure avec Evelyne Pisier de Et soudain la liberté, et de Michèle Audin, fille de Maurice Audin, mathématicien assassiné par les parachutistes français en juillet 1957 lors de la bataille d’Alger, sur ordre de l’infâme général Aussarresses (présent, il n’y a pas de hasard, dans mon roman Le Massacre des Innocents).

Mercredi 20 juin, 19h30, Le Trumilou
84, quai de l’Hôtel-de-Ville, 75004 Paris
(réservation : contact@mille-feuilles.fr)

En attendant d’être diffusé en librairie à la saint Glinglin (éditer un livre, c’est déjà difficile, mais le ressusciter, vous imaginez !) L’Esprit Bénuchot sera disponible à la librairie La Belle Lurette (partenaire des Mille-Feuilles), 26, rue Saint-Antoine, 75004 Paris.

Pour celles et ceux qui ne pourraient venir, une séance de rattrapage aura lieu le jeudi 21 juin de 10h à 22h sur la pointe Poulmarch, à l’occasion du premier Printemps Bénuchot, qui sera beaucoup moins copieux que ce que j’escomptais en raison de diverses intempéries cérébrales et judiciaires. Mais qui reviendra au printemps 2019 !
Et je serai aussi au festival Delta Noir (Port-Saint-Louis-du-Rhône) le 16 juin, où j’animerai une causerie à thème aléatoire, la 2e du nom.

samedi 28 avril 2018

Quand Pôle Emploi te convoque par téléphone, ne t'avise pas de te rendre dans ton agence, tu risques de te faire radier, mon coco !

Le 27 mars, l’émission Les pieds sur terre de Sonia Kronlund (France Culture) révélait qu’à l’agence Pôle Emploi de Saint-Denis, chaque conseiller gère 500 chômeurs, au lieu de 350 en moyenne. Voici une petite histoire qui vient de m’arriver dans cette agence, dont je dépends, et que j’ai décidé de vous narrer, tant elle confine à l’absurde, au grotesque et à l’arbitraire.
24 avril 2018, 11h05. Je me rends à une convocation de mon agence Pôle Emploi de Saint-Denis. Les locaux sont flambants neufs, il y a un joli puits de lumière au centre, et une borne ultramoderne, où tu peux prévenir l’agent qui t’attend de ton arrivée. (Je serais curieux de savoir combien sont payés les génies bac + 7 qui imaginent ce genre d’appareil coûteux et totalement inutile.) Je tape mon identifiant. La machine me répond : Désolé, monsieur, vous n’êtes pas attendu. Ce qui est somme toute logique puisque j’ai dix minutes d’avance… Je tape mon nom. Idem.
  Dépité, je file à l'accueil. Une sympathique employée me confirme que je ne suis pas attendu puisqu’il s’agit d’une convocation téléphonique. Ce que je n’avais pas réalisé. (Très old school, quasi-rétif au progrès technique qui illumine nos vies modernes, j’avais compris qu’à 11h15 pétantes mon téléphone sonnerait pour me prévenir que l’agente Machin était prête à me recevoir.) L’accueillante dame appelle sa collègue pour la prévenir de mon passage intempestif et me prie de surveiller mon téléphone, qui ne va pas tarder à sonner. À ce moment-là, deux choses se passent simultanément. Ce qui fait beaucoup pour mon petit cerveau.
  1°) Je m'aperçois que la batterie de mon portable est presque déchargée.
  2°) L’accueillante dame se lève pour porter un dossier et me dit : "Ah, justement, Mme Machin est là-bas, vous la voyez !"
  – Ah, très bien, je vais aller directement la voir, ça lui évitera de me téléphoner ! m'exclamé-je.
  – Non, non, elle va vous appeler.
  – Ça m’aurait pourtant arrangé car ma batterie est presque à plat…
  – Elle va vous appeler, ne vous inquiétez pas.
Photo Yann Mambert, Le Journal de Saint-Denis
  Avisant une prise de courant au centre du hall, je branche l’engin, tout en regardant Mme Machin disparaître dans l’escalier dans sa belle robe jaune. (Authentique.) Et j’attends, l’œil rivé au téléphone pour ne pas louper l’appel.
  Par un de ces hasards dont la vie moderne a le secret, je n’entends pas la sonnerie, à 11h27. Un message m’attend. Ici Mme Machin de Pôle Emploi, j’ai essayé de vous joindre, vous n’étiez pas là, je vous rappellerai plus tard. J’appuie sur la touche 5 (rappel du numéro). Un message enregistré m’annonce qu’il est impossible d’obtenir l’appel. Pour obtenir Pôle Emploi, faites le 3949. De retour chez moi, j’envoie un courriel à Mme Machin (sans préciser que j’ai aperçu sa gracieuse silhouette dans l’escalier), qui me répond qu’elle me rappellera le lendemain après-midi.
  Trois jours plus tard, j’attends toujours l’appel, qui ne viendra pas. Par contre, ce qui arrive, c’est ce magnifique courriel de menace de radiation, signé d’un autre agent, assorti de la classique menace de fin d’indemnisation (me concernant, le RSA, auquel je suis un fidèle abonné depuis que j’ai bazardé la SARL Après la Lune il y a quelques années).
 Alors que j’ai bien évidemment donné signe de vie à cette agente.

  Vendredi 4 mai, retour à la Normale Raison de Pôle Emploi, suite à ma protestation.
  "Je prends compte de votre demande et demande un abandon de la procédure."

  Lundi 7 mai, retournement de situation !
  "Votre conseillère étant absente [sic], je vous invite à passer à l'agence mercredi 09 Mai 2018 matin (9h00 et 11h00) afin de régulariser votre situation."
  Ah bon, ce n’était pas déjà fait ?!?


  Tant que j’y suis, j’aimerais préciser, des fois que des éminences de Pôle Emploi liraient ce billet, que mon métier est éditeur, et non pas éditeur de logiciels ou éditeur de solutions bancaires (fonctions dont je suis abreuvé d’offres d’emploi par le grand algorithme numérique de la maison).
  Pour mémoire : le fameux "stage du lendemain" proposé en décembre 2005 par l’ANPE du 9e arrondissement (auquel j’avais pu échapper car je créais mon entreprise), qui donna naissance au livre Chômeurs, qu’attendez-vous pour disparaître ? publié en 2007 dans ma (défunte) petite entreprise. Et plus récemment (2014), une missive de Pôle Emploi m’invitant à m’autoradier, euh, pardon, à me désinscrire.

vendredi 20 avril 2018

Un Vosgien interpellé pour un doigt d'honneur à Macron poursuivi pour outrage, alors que le délit d'offense au président a été supprimé en 2013 !

Un Vosgien de 61 ans, nous apprend Vosges Matin, a été interpellé et placé en garde à vue mercredi à Saint-Dié, pour avoir adressé un doigt d'honneur à Emmanuel Macron, en visite sur ses fiefs du Grand Est, dans le cadre de la nouvelle répartition des gabelles, tailles, dîmes et autres assiettes fiscales pour les retraités (ces fainéants qui profitent du système au lieu de s’en aller mourir jeunes après avoir bien sué à l’usine ou aux champs, comme leurs ancêtres).
L'homme, embastillé pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, passible de 7.500 € d'amende et de six mois d'emprisonnement, sera présenté le 28 mai à un délégué du procureur et devrait faire l'objet d'un simple rappel à la loi, assurent les gazettes (qui s’abstiennent de développer l’absurdité de ce cas de figure).
Et que dit la loi, précisément ?
1°) Les atteintes au président de la République ne ressortent pas du délit d’outrage, réprimé par l'article 433-5 du Code pénal, mais de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui régit notamment les offenses au chef de l’État.
2°) Le délit d’offense au chef de l’État a été supprimé le 5 août 2013, sur injonction de la Cour européenne des droits de l’Homme, à la suite, rappelons-le, du glorieux combat du camarade Hervé Éon, cofondateur avec ma pomme et quelques outrageurs révoltés par ce délit aux relents d’Ancien régime, du Collectif pour une dépénalisation du délit d'outrage (CODEDO), dont je suis depuis dix ans le webmestre impénitent !

Pour l’outrage, il faudra attendre encore un peu… Gageons que le projet de loi de la secrétaire d’État Marlène Schiappa sur le harcèlement de rue, portant sur la création d’un délit d’outrage sexiste (totalement irréalisable juridiquement, l’outrage concernant uniquement les personnes dépositaires de l’autorité publique ou chargées d’une mission publique) pourrait participer à la relance du combat pour la dépénalisation du délit d’outrage, qui s’est quelque peu perdu en route depuis 2008, faute de combattants, ce alors que la répression policière sous Hollande et Macron n’a cessé d’aggraver son utilisation inique et scandaleuse.
Lettre au Garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d’outrage (64 pages, 5 €), cosignée avec Romain DunandDisponible à la librairie Après la Lune.

mardi 3 avril 2018

"Mother Feeling", de Michel Chevron : un thriller étourdissant et cruel

Depuis Fille de sang (Canaille, 1993) et Séraphine l’adolescente massacrée qui se métamorphose en lionne vengeresse, Les Purifiants et son terrifiant tueur de la Mafia obèse et mélomane (1995), J’irai faire Kafka sur vos tombes et ses vampires ténébreux (Le Poulpe, 1996), Gavial poursuite et son incursion dans le domaine de la SF (1997) jusqu’à Icône (2007) où le suicide manqué de Richard Lenoir s’accompagne d’un singulier flash-back dans la Rome antiqueMichel Chevron construit une œuvre originale dans le polar français, saluée dès ses débuts par la critique et les festivaliers (La Roche-sur-Yon, Saint-Nazaire, Lamballe, Frontignan). Mais pas par les collections de poche, qui ont sans doute des chats plus juteux à fouetter…
On connaît le goût de Chevron pour la démesure, le baroque, et son efficacité à créer des galeries de personnages tous plus effrayants, monstrueux, hénaurmes, parfois grotesques, parfois fragiles. Le tout ciselé avec une précision d’horloger, quasi-mécanique, ce qui n’est peut-être pas le fruit du hasard quand on sait qu’avant d’enseigner la mécanique et de devenir écrivain, Michel Chevron fut ouvrier ajusteur !
  Mother Feeling, son septième roman, ne déroge pas à la règle. Chevron transcende les codes du thriller avec une langue vive et fleurie, qui donne au roman sa force, sa profondeur, et sa noirceur… Car dans les romans de Chevron, on meurt et on tue aussi vite que l’on vit, et la noirceur y est toujours souveraine.
  Rodolphe Dendron, jeune photographe, vit aux crochets de sa mère, dans le souvenir éploré de sa fiancée, tombée depuis cinq ans entre les griffes du mystérieux Nain jaune, dont on comprend vite que ses intentions ne sont guère pacifiques. Il passe ses nuits sur Mother Feeling, un site de rencontres fréquenté par des femmes cherchant un géniteur pour leur futur bébé, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes… éthiques ! Embauché par la CRS (Cellule Rainer Strauss) comme chasseur de dettes, Dendron fait équipe avec Bekrit, un ancien policier kabyle qui a quitté le métier après avoir été traumatisé par des meurtres de bébés. Au cours d'une intervention musclée, il découvre des 7 de carreau malodorants chez Louise Parmentier, avec qui il va vivre des amours torrides, et dont le fils pourrait être… une victime du Nain jaune !
  Tel est le point de départ de "ce thriller étourdissant, où la cruauté est tempérée par le bel humour décapant de l'auteur", pour reprendre les mots de Serge Safran, son éditeur.
Mother Feeling, de Michel Chevron (Serge Safran éditeur), 292 pages, 21 €
Icône est disponible à la librairie Après la Lune.
Les Purifiants, Gavial poursuite et Fille de sang aux éditions Baleine.

samedi 10 mars 2018

Affaire Églantine Laval. Condamné à 800 € d’amende avec sursis par la cour d’Appel pour violonces volontaires, je saisis la cour de cassation

Suivant le réquisitoire de l’avocate générale, qui proposa généreusement de "couper la poire en deux", la cour d’Appel de Paris, présidée par la très inspirée Nadia Ajjan, m’a déclaré coupable de violences volontaires à l’égard d’Églantine Laval (à qui j’ai juste dit : "Et vous arrivez à dormir la nuit ?") et condamné à une amende de 800 € avec sursis.
J’ai déposé un pourvoi en cassation et rédigé mon "mémoire personnel". En attendant le "mémoire ampliatif", qui sera rédigé par mon futur avocat, si la justice consent à m’octroyer une aide juridictionnelle dans cette affaire kafkaïenne. Prochaine étape : ma plainte pour dénonciation calomnieuse contre la femme Laval, qui eut le culot entretemps – c’est sa marque de fabrique – de me poursuivre en diffamation pour "avoir porté atteinte à sa dignité d’artiste". (Plainte classée pour cause de prescription, j’ai eu chaud.)
Page d’accueil du site d’Églantine Laval, artiste à la dignité bafouée par l'infâme JJR
  La cour de cassation, qui ne juge pas sur le fond mais sur la forme, dira si elle a constaté des irrégularités de procédure dans cette affaire abracadabrante, qui me pourrit la vie depuis bientôt trois ans. (J’en ai pour ma part dénombré sept ou huit, mais je ne suis pas un spécialiste en droit…)
  Dès le début des débats, la présidente Ajjan avait émis de sérieux doutes sur la véracité des blessures infligées à la prétendue victime, le médecin n'ayant relevé aucune trace de lésions physiques, mais d’un "retentissement fonctionnel". Qu’est-ce qui a bien pu la faire changer d’avis, saperlipopette ?
  Il semblerait que mon choix d’assurer moi-même ma défense n’ait pas été très judicieux. Et que certaines envolées de ma part, qui eussent passé pour des effets oratoires dans la bouche d’un avocat, furent peu goûtées par la cour.
  Ne dites jamais à un magistrat : "Si je suis condamné, fût-ce à une amende de 1€ avec sursis, j’irai en cassation." Ne dites jamais : "Il semblerait que le fait d’être un homme fasse de moi un potentiel acteur de violence à l’égard d’une femme." Ne dites jamais : "Je suis écrivain. Contrairement à Églantine Laval, quand j'invente des histoires, je le fais dans des livres." Ne dites jamais : "Si vous le permettez, je vais reproduire au décibel près les cris de la prétendue victime lors de son sketch…"
  Cette fort désagréable expérience judiciaire fera l’objet d’un pamphlet, intitulé comme il se doit Et vous arrivez à dormir la nuit ? qui paraîtra au moment où la cour de cassation rendra son arrêt dans cette affaire, vraisemblablement courant 2019.

mercredi 7 mars 2018

Mais qui donc me poursuit en diffamation ?

Le 21 mars 2018, je suis convoqué au commissariat de Saint-Denis. Pour une affaire de diffamation, dit la convocation. Mazette ! La diffamation, je connais, j’ai déjà été poursuivi. Par l’Opus Dei, excusez du peu. La publicité faite autour du procès (gagné) m’avait permis de vendre 18.000 exemplaires du livre incriminé, de sauver ma maison d’édition de la faillite et de rembourser mes dettes. Mais qui donc peut bien me poursuivre en diffamation, saperlipopette ?
 Pour le savoir, une seule solution : appeler le commissariat.
« – Qui me poursuit ? demandé-je au (fort sympathique) gardien de la paix chargé du dossier. – Je ne peux pas vous le dire. – Si je vous dis un nom, vous pouvez me dire si je brûle ? – Non, désolé. »
  Je lance deux ou trois noms de personnes qui ne me veulent pas que du bien et dont il m’est arrivé de m’épancher sur ce blog – qui ne parlera désormais plus que de plomberie, de jardinage, de sophrologie et de physique bénuchote.
  « – Désolé, monsieur, je ne peux rien vous dire au téléphone. – Et pourquoi donc ? – Je n’ai pas la preuve que vous êtes bien M. Reboux. – Vous me donnez rendez-vous sans être sûr que je suis bien M. Reboux ?! Le policier se marre, un peu gêné quand même. – Vous saurez tout le 21 mars, M. Reboux. »
La prescription étant de 3 mois, cette plainte ne saurait être liée à ce commentaire de la déplorable affaire Laval qui me casse les bonbons depuis deux ans, pour laquelle la Cour d'appel m'a déclaré coupable, et condamné à 800 € d'amende avec sursis. C'est du moins ce que j'écrivais avant de connaître l'identité du plaignant, qui s'avère être… Églantine Laval !
La dame me poursuit pour "atteinte à son intégrité d'artiste". Mais comme elle a attendu 8 mois pour déposer sa plainte, l'affaire est classée !

vendredi 9 février 2018

21 juin 2018, résurrection de "L'esprit Bénuchot" sur le canal Saint-Martin lors du Printemps Bénuchot

...Cette année, Pâques, la fête de la résurrection du Christ, fut célébrée le dimanche 1er avril, fête nationale du canular et de la blague depuis 1565, quand ce farceur de Charles IX décida de faire commencer l'année le 1er janvier (au lieu du 1er avril jusqu'alors).
1565. Rendant hommage à la multiplication des poissons par Jésus, Charles IX, roi de France, invente le poisson d'avri
   Or, en 2018, un autre personnage est appelé à ressusciter et, contrairement à Jésus, qui pratique la chose depuis deux millénaires, c'est une grande première pour lui ! Àgé de 82 ans, Jules Bénuchot peut se targuer de toutes les expériences, exceptée celle de l'éternité.
Jules Bénuchot à l'âge de dix ans, à l'école primaire de Pantin (derrière l'enfant à l'ardoise)
   Jules Bénuchot navigue dans ma tête depuis que je suis en âge de penser. C’est l'ami invisible, qui niche dans votre cerveau toute votre vie – après, ça se complique. L'énergumène note tout ce qu’il voit dans des carnets, et comme il a beaucoup vécu, j'en ai fait le personnage principal d'un roman : L’Esprit Bénuchot.
 Refusé par nombre d'éditeurs, effrayés par l’intrusion de la physique quantique, le roman – mon 17e, et le plus ambitieux – trouva refuge chez un éditeur qui s’avérera incompétent, très mal élevé et doté d'un sens de la perversion assez sidérant. Sorti en avril 2016, L’Esprit Bénuchot mourut très vite, emporté par la mort subite du nourrisson (diffusion désastreuse, absence totale de promotion).
  Après un parcours du combattant épuisant et une bonne dépression plus tard, j'ai récupéré les droits du bouquin, afin de lui redonner vie, à l'enseigne des éditions Après la Lune, ressuscitées pour l'occasion. En espérant qu'un autre éditeur lui accordera plus tard une troisième vie…  Cette résurrection sera accompagnée d’un opuscule de 64 pages reprenant les rubriques du site, L’Esprit Bénuchot, mode d’emploi.
  N’ayant pas de diffuseur, les deux livres seront dans un premier temps vendus à la criée le long du canal Saint-Martin (quartier de Bénuchot) et dans quelques librairies amies.
  Le "Printemps Bénuchot" démarrera le 1er jour de l’été, le jeudi 21 juin 2018, lors d’un joyeux happening regroupant des artistes de street-art, des musiciens, et quelques ami/e/s écrivain/e/s).
  L'esprit Bénuchot (540 pages, 22 €) est en vente sur le site de la librairie après la lune.
  L’Esprit Bénuchot, mode d’emploi sera envoyé gratis en sus.

Printemps Bénuchot
jeudi 21 juin 2018, à partir de 10 h
angle quai de Valmy/rue Jean Poulmarch, Paris 10e 

– Réalisation d'une fresque collective sur le mur de la Pointe Poulmarch, avec de nombreux artistes, de 9 h du matin jusqu'à la nuit
– Concerts, chansons, slams, lectures de textes
– Vente à la criée de L'esprit Bénuchot
– Dédicaces d'auteurs certifiés bénuchots

mercredi 7 février 2018

Compte-rendu du procès en appel Reboux-Laval (verdict le 9 mars)

Églantine Laval, mythomane, escroc
  Le 2 février, je comparaissais devant la cour d'appel de Paris, saisie à ma demande suite à ma condamnation dans l'hallucinante affaire Églantine Laval, où j'étais poursuivi pour violences volontaires par une mythomane à qui j'ai juste demandé Et vous arrivez à dormir la nuit ?
  Quatrième procès depuis 2008, 5e comparution (un flic, l'Opus Dei, une flic devenue écrivaine, une magistrate, une escroc), il est heureux que la série Reboux au tribunal prenne fin. (Après, juré, craché, je ne sors plus de ma grotte…)
  N'ayant pas d'avocat, j'ai assuré ma propre défense. Une première pour moi. J'avais déjà été chroniqueur judiciaire pour le procès Guaino (pour L'Humanité), mais avocat, jamais !

Le fait d'être un homme fait-il de moi un potentiel acteur de violences à l'égard d'une femme ?
   Si la cour n'a guère apprécié cette remarque, mettant indirectement en cause la partialité du parquet de Montreuil, et même si je n'ai pas pu dire le quart de tout ce que j'avais prévu de dire, tout s'est à peu près bien passé. La présidente laissa d'emblée entendre qu'elle n'était pas dupe du manège de la femme Laval. "Quatre jours d'ITT sans traces de lésions traumatiques, c'est étrange !"
Églantine Laval ne manque pas d'air
  L'avocate générale, déchaînée – c'est l'usage, dit-on, lorsque les dossiers sont vides –, faillit avaler ses lunettes en apprenant que j'avais pris du sursis pour outrage et digéra assez mal de m'entendre dire, au détour de mon coming-out d'écrivain : "La violence, je me contente de la faire subir aux personnages de mes romans. Je n'ai jamais frappé personne. Et surtout pas une femme…"
  Mettant l'accent sur le témoignage d'un témoin avec qui je n'ai même pas pu être confronté et sur un certificat médical exempt de lésions traumatiques, elle recommanda la reconduction de la peine (800 € d'amende), se disant malgré tout prête à… couper la poire en deux ! À quoi je rétorquai qu'il ne saurait être question pour moi d'accepter la moindre condamnation. "Même condamné à un euro avec sursis, je me pourvoirai en cassation !" Lançai-je, en me drapant, à défaut de robe, dans ma dignité.
Verdict le 9 mars à 13h30

jeudi 18 janvier 2018

"Et vous arrivez à dormir la nuit ?" Quand une simple question se transforme en "violences volontaires". Procès devant la Cour d'appel le 2 février 2018

Le 2 février 2018 à 13h30, je comparais devant la Cour d'appel de Paris pour une histoire abracadabrante, qui donne une idée assez stupéfiante dont la justice française (avec l'assentiment de certains magistrats) peut se comporter, expliquant au passage le fameux engorgement des tribunaux.
La Cour d'appel devra décider si le fait de dire à une mythomane notoirement dérangée "Et vous arrivez à dormir la nuit ?" entre dans le domaine des "violences volontaires", comme en a décidé le tribunal de Montreuil dans son verdict du 13 juin 2017 me condamnant à 800 € d'amende pour un délit imaginaire, ainsi qu'ont pu le constater les deux policiers chargés de ma confrontation avec l'escroc mythomane Églantine Laval. Ou s'il s'agit d'une calomnie, ouvrant voie à des poursuites judiciaires ultérieures pour dénonciation calomnieuse.

mardi 16 janvier 2018

"Le Sang noir" de Louis Guilloux à l'émission "Un livre, un lecteur" (Radio RCJ)

Certains l'aiment Proust. Moi, je serais plutôt Guilloux. Proust m'endort, j'ai beau avoir tenté tous les traitements possibles et imaginables, arrivé à la page 26 de La Recherche, je pique du nez… Avec Louis Guilloux, au contraire : je me réveille ! Cripure, c'est ma mascotte, ma boussole. Dans ma poche, tout comme Gabriel Lecouvreur dans mon Poulpe La Cerise sur le gâteux, j'ai glissé un exemplaire de La Cripure de la raison tic. Pour les jours mauvais, ça peut toujours servir…
Même que jadis, à l'époque où, avec l'ami briochin Jean-François Dézier, nous avions réparé l'injustice criante dont souffrait ce bijou de la littérature en dressant un casting époustouflant d'une adaptation cinématographique, j'ai même rêvé que je lisais La Chresthomanie du désespoir, cet ouvrage mythique que ce pauvre Cripure n'eut jamais le loisir de terminer, à cause des clébards de Maïa qui s'en gavèrent comme d'une vulgaire pâtée…
Le 6 janvier 2018, Florence Berthout, maire du Ve arrondissement, m'invita à parler de son chef d’œuvre Le sang noir dans son émission Un livre, un lecteur, sur Radio RCJ.

jeudi 30 novembre 2017

Kierol24, l'association de malfaiteuses littéraires qui fait revivre les éditions Après la Lune

L'eussiez-vous cru ? Les éditions Après la lune, en sommeil (et même en coma profond) depuis 2003, reprennent du service, en s'associant au collectif Kierol24, une association de malfaiteuses littéraires – le concept est nouveau, il faudra vous y faire – de Barcelone, de Paris et d'ailleurs, ayant décidé d'unir leurs forces pour contourner certaines vicissitudes du milieu éditorial aux temps du numérique.
Outre Kits Hilaire, qui ouvre le bal avec un roman inédit Ivan, allégresse et liberté, et la réédition de son roman-culte Berlin, dernière, on y retrouve Adèle O'Longh (Les montagnes dans les nuages, Hoebeke), Elise Fugler (dont j'ai publié Les Frigos ont horreur du vide et L'Art du mou), Olaya Sants et quelques autres…

Livres disponibles aux formats papier et numérique. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la librairie après la lune.

mercredi 15 novembre 2017

Je me souviens de Max-André Doppia

Max-André Doppia, anesthésiste-réanimateur au CHU de Caen, président d'Avenir hospitalier, très engagé au niveau syndical, notamment sur la souffrance au travail et le burn-out, est décédé le 13 novembre des suites d'un accident vasculaire cérébral, à l'âge de 64 ans. Il fut à l'origine de la campagne Dis doc, t'as ton doc ? De nombreux acteurs du monde hospitalier lui rendent hommage sur What's up, doc ?
Dans les années 1980, Max était, avec son épouse Elisabeth, mon voisin à Caen, rue Écuyère. Nous nous sommes tant marrés. Nous nous sommes tant aimés. Repose en paix, Maxou.



Je me souviens que Max était l'homme le plus délicieux de la rue Écuyère
Je me souviens qu'il habitait juste au-dessous de chez moi, avec Elisabeth
Je me souviens que je les trouvais beaux tous les deux et qu'ils me renvoyaient l'image apaisée de gens heureux, toujours prêts à partager
Je me souviens qu'au début Max m'intimidait un peu parce que je n'avais pas l'habitude de parler à un médecin ailleurs que dans un cabinet
Je me souviens que quand il apprit que j'écrivais de la poésie, Max me donna le sobriquet de "Poète" et qu'il me présentait en ces mots lorsque j'étais de leurs invités
Je me souviens de notre complicité immédiate, permanente, irréductible
Je me souviens que nous partagions les mêmes appétits, les mêmes révoltes, les mêmes engouements
Je me souviens que nous éprouvions la même détestation de l'injustice et de toutes les saloperies, petites ou grandes, du monde qui nous entourait, et dans lequel nous étions bien obligés de vivre
Je me souviens que l'homme qui cristallisait à lui seul, à l'époque, cette détestation, s'appelait Martial Legoupil, notre propriétaire commun, un petit homme stupide et fourbe comme le renard dont il avait pris le nom
Je me souviens que Martial Legoupil voulait expulser Elisabeth et Max pour un motif irrecevable et que Max décida d'entrer en résistance, avec la même énergie qu'il le fit quinze ans plus tard lorsqu'éclata la guerre en ex-Yougoslavie
Je me souviens que Martial Legoupil ne supportait pas je laisse mon Solex jaune dans le hall d'entrée et qu'un jour il le mit à la rue, comblant le hall de planches, de parpaings, de bouteilles de gaz pour m'empêcher de garer mon Solex, et qu'il prétendit agir ainsi à la demande de mes voisins les Doppia
Je me souviens que Max et moi décidâmes de ne pas nous laisser faire, et passâmes un pacte secret, dont Elisabeth, notre consultante-psychologue en bêtise humaine, n'eut que de brefs échos, pour nous débarrasser de Martial Legoupil
Je me souviens qu'un soir Max produisit une liste de produits efficaces et rédhibitoires, aisément accessibles de par sa profession de médecin-anesthésiste, pour nous débarrasser de Martial Legoupil
Je me souviens que d'un commun accord tacite, nous ne passâmes jamais à l'acte
Je me souviens que quand je rentrais tard le soir du cinéma où je travaillais comme ouvreur, un petit plat exquis m'attendait souvent dans ma cuisine, parfois accompagné d'un verre de vin
Je me souviens qu'à mes remerciements confus Max répondait de sa belle voix élégante, savoureuse et roublarde : "C'est un honneur pour nous de nourrir un poète !"
Je me souviens que Marx était un cordon bleu, qu'Elisabeth ne s'en plaignait pas, et que son intérêt pour la cuisine avait quelque chose à voir avec l'éthique
Je me souviens que j'aimais écouter Max me raconter des histoires d'hôpital, d'urgences, de salles de garde, parfois sordides, souvent drôles, comme celle de cette employée du CHU qui faisait la grosse commission à l'hôpital pour économiser le papier toilette
Je me souviens qu'un jour que je lui avouai mon admiration pour la profession qu'il exerçait, il me répondit : "Tu sais, Poète, un bon médecin, c'est d'abord quelqu'un qui a une bonne mémoire !" – Et beaucoup d'empathie ? – Et beaucoup d'empathie, je te le concède. Même si ce n'est pas toujours le cas…
Je me souviens de la rage qu'il éprouva au moment du siège de Sarajevo et de l'énergie incroyable qu'il déploya pour expédier dans cet enfer des arbres, des médicaments, et tant d'autres choses
Je me souviens qu'il avait refusé de recevoir Bernard-Henri Lévy parce que celui-ci exigeait de débarquer en hélicoptère sur l'une des plages du Débarquement
Je me souviens de sa voix sèche, méconnaissable, au bord de l'abîme, lorsqu'il m'apprit le décès de leur petite Névéna emportée par une méningite foudroyante
Je me souviens que je n'avais pas revu Max depuis longtemps mais que de temps en temps un petit mot arrivait par le Net ou par texto, on t'aime, poète !
Je me souviens que le 10 novembre, j'ai posté sur la page Facebook de Max un spot publicitaire de l'association Oxfam faisant un parallèle entre la corruption mondiale et un casse dans un hôpital, avec ce petit mot : "Tu as vu ça, Max ?"
Je me souviens que, surpris de ne pas avoir de réponse, je suis allé voir sur sa page et que c'est de cette façon affreuse que j'ai appris la terrible nouvelle
Je me souviens que Max était l'homme le plus délicieux de la Terre
Et qu'il le restera à jamais

samedi 4 novembre 2017

"Con-vocations", lipogramme (à la con)

Je retrouve dans mon disque dur ce lipogramme oublié, écrit – lors dune surveillance dexamen – avec les lettres du mot "CONVOCATION".
Lipogramme, du grec leipogrammatikos, de leipein (enlever) et gramma (lettre). Figure de style consistant à produire un texte d’où sont délibérément exclues certaines lettres de l’alphabet.
Gustave Courbet, L'origine du monde

CON-VOCATIONS

Antonin Canson, avocat à Nation, convia à son toit Tania, avoisinant canon convaincant.
   – Tania… Actionnons nos cons, nos vits…
Son invitation atona Tania.
   – Nos cons ? Nos vits ?
   – Constatons : ton vaccin vit sans soin, sans innovation…
   – Ton “vaccin” ?!?
Antonin Santon, convoitant son con, insista.
   – Nos voisins sont vacants. Saisissons nos occasions ! Noçons ! Coïtons ! Action !
   – I cant ! tintonna Tania.
   – Con nana non sain ?
   – NON ! NO ! NANNI ! NAO ! NIAT !
Convaincant savon sanctionnant ? Non. Vain scantion.
Antonin avança :
   – Ton saint Vatican tait ta vocation, catin !
   – Vatican sans saison, nota Tania. Vainc ta vaticination, Canson !
Antonin, coi, cita Caton.
   – “Va, vis, vois…”
   – Vis ton coït sans Tania, noçant avocat ! Tintin ! Na !
Sa citation tint Antonin sans ton.
Tania contint ainsi son voisin :
   – Coin-coin.

mercredi 7 juin 2017

La plaidoirie de Me Joanne Dakessian défendant "De Gaulle, van Gogh, ma femme et moi" à Marseille

Il y a fort longtemps, dans un songe qui me dresse encore le poil sur l'échine, se penchant au-dessus de mon lit (je n'étais qu'un enfant), Charles de Gaulle m'apparut, me susurrant à l'oreille cette étrange ritournelle : "Ou pachou pachou paya !" Puis il disparut à tout jamais.
Peu après, Vincent van Gogh me visitait à son tour. Tenant à la main son oreille coupée, il la glissa dans l'herbier que j'étais en train de confectionner et s'évapora dans un souffle. Le lendemain matin, à la place de sa pauvre oreille ensanglantée, à la page où j'avais collé un brin de blé, ces mots : Ou pachou pachou paya !
Cette étrange coïncidence me troubla – on l'eût été à moins ! Je faillis devenir fou. Seuls l'amour de parents bienveillants, et celui de mes poules, me permirent d'échapper à la folie…
Longtemps après, en l'an de grâce 2000, ayant tout lu, tout vu sur les deux hommes, ayant fait le voyage à Nunen et à Colombey, ayant enfin réussi à percer le mystère de cette étrange rencontre, j'entrepris d'écrire l'ouvrage qui scellerait la rencontre improbable entre Vincent van Gogh et Charles de Gaulle, à laquelle m'avaient convié ces deux grands hommes des Flandres élevés dans les raideurs de religions mortifères. De Gaulle, van Gogh, ma femme et moi.
Dix-huit ans plus tard, la justice des hommes me demande des comptes.
Après avoir été poursuivi par l'Opus Dei, par un flic con comme la lune, par une écrivaine sans foi ni loi, par une dingue mythomane, puis par une magistrate nantaise estimant que la police a le droit de crever les yeux des manifestants – n'en jetez plus, la cour est pleine ! –, il m'est reproché… d'avoir fait se rencontrer Vincent et Charles !

Je ne suis d'ailleurs pas le seul écrivain à être poursuivi par la justice, puisque nous serons dix dans le box des accusés, lors d'un procès qui promet d'être riche, organisé par l'association Cours Julien, le 10 juin, sous la houlette du redoutable procureur Gilles Del Pappas !
Chaque auteur est défendu par un avocat. Deux prix seront remis. Un prix des lecteurs et un prix de l'éloquence récompensant l'avocat ayant le plus de bagout.

Màj. Le prix du polar marseillais a été attribué à Johanna Gustawson. Mon avocate, la pétillante Joanne Dakessian, a obtenu le 3e prix du concours d'éloquence. Plaidoirie ci-dessous.
De Gaulle, van Gogh, ma femme et moi (290 p, 10 €), disponible sur le site de