mardi 4 février 2020

“Éteignez la lumière !” 11 nouvelles noires d’Élise Fugler

La librairie après la lune étoffe son catalogue. Après Berlin, dernière, Ivan, allégresse et liberté et Mon grand-père et moi à Barcelone, de Kits Hilaire et La Voyageuse immobile d’Adèle O’Longh, voici Éteignez la lumière, d’Élise Fugler, dont j’ai publié naguère Les Frigos ont horreur du vide (Baleine) et L’Art du mou (L’Aube), 6e épisode des Aventures extraordinaires de Moulard.

vendredi 31 janvier 2020

“First love, le dernier yakuza" de Takashi Miike, un cocktail réjouissant de démesure, de violence et d’humour

Takashi Miike a réalisé 59 films depuis 1991, parmi lesquels le très perturbant Audition et sa vengeance par acupuncture, qui conduisit la petite nature que je suis aux urgences de l’Hôtel-Dieu, suite à un malaise vagal, un matin de 2002. Comme je ne suis pas rancunier, je suis allé voir son dernier film, et je n’ai pas regretté. Miike assume son œuvre d’histrion. Il s’amuse et tire dans tous les sens, avec ce cocktail survitaminé. Démesure, cruauté, violence poussée à son paroxysme, humour grinçant communicatif, autant par la cocasserie hilarante des situations que par les dialogues épatants.
Ma chronique sur ce film réjouissant dans Double Marge.

Et aussi une critique comparée avec le film de Diao Yinan, Le Lac aux oies sauvages, qui m’a profondément ennuyé et déplu.

”Le lac aux oies sauvages”, de Diao Yinan, quand la surenchère de virtuosité et d’esthétisme confine à l’indigence

Applaudi à tout rompre et à Cannes par Tarantino, ce qui n’est pas forcément bon signe, et en tout cas pas un gage de qualité, Le Lac aux oies sauvages, du Chinois Diao Yinan, a enchanté une critique en génuflexion, à l’exception notable de Libérationqui sauve l’honneur et évoque les « néons et néant » d’un « produit flashy et artificiel », « édifié comme une avalanche de prouesses flagrantes d’une bêtise sans nom ».
Ma chronique sur ce film tape-à-l’œil, ennuyeux, fort indigeste sur Double Marge.

Je propose aussi une critique comparée avec le fort réjouissant film de Takashi Miike, “First love, le dernier yakuza”.

mardi 21 janvier 2020

Emmanuel Macron bunkérisé à l’Élysée : c’est pour bientôt !

Les pirouettes de l’Histoire sont parfois délicieusement féroces !
Emmanuel Macron, qui n’était encore que fondé de pouvoir de la banque Rothschild à l’époque (2010) où parut “Je suis partout (les derniers jours de Nicolas Sarkozy”, serait en passe de subir le même sort que Sarkozy dans cette politique-friction narrant la bunkerisation d’un président devenu imprésentable !

samedi 11 janvier 2020

[Expérience-limite.] Crier « Macron démission » sur un quai de métro bondé pendant la grève de la RATP

Ayant atteint un âge (61 balais et quelques joncs) où beaucoup, le corps moulu, meurtri par des années de labeur à marche forcée, prennent une retraite bien méritée ; réalisant avec stupeur que je ne gagnerais plus jamais ma vie avec mes romans (dont le dernier n’a pas été diffusé en librairie), j’ai décidé, malgré mon âge grandissant, de trouver un travail, ni trop pénible, ni trop désespérant, tel cet emploi de scribe qui me fit rencontrer [lire De l’estime de soi] des gens aussi charitables et sympathiques que Jean-Denis Combrexelle, l’un des architectes décomplexés de la loi El Khomri, dont la contestation populaire marqua l’entrée dans l’ère de la répression policière instituée par François II le Poltron, atteignant la sinistre apothéose que l’on sait sous la présidence de Macron.
Ce riant négociateur qui négligea de serrer la main du scribe que j'étais
Les derniers boulots proposés par Pôle Emploi [on lira ici mon ultime expérience-limite avec l’institution], conducteur de locomotive, croupier – je n’invente rien – ne valant pas tripette, je me résignai donc à utiliser la technique préconisée par celui qui, fruit d’un hold-up aussi génial qu’ingénieux, s’empara des clefs de l’Élysée : j’ai traversé la rue, après avoir bien regardé à droite puis à gauche pour ne pas me faire écraser par un robocop énucléateur du consortium ®Castagner-Lallement-Strodza qui ont fait des rues de Paris, de Nantes et de Navarre une préfiguration de l’État policier qu’est devenu notre pays.
Et j’ai trouvé !
J’ai trouvé un travail, salarié, cotisations sociales, collègues de travail, contrat de travail (CDI, s’il vous plaît !), congés payés, tout le toutim. Ce qui ne m’était pas arrivé depuis… bien longtemps.
– Et que fais-tu, mon ami ?
– Je veille sur le repos des âmes en peine.
– Gardien de cimetière ?
– Mon allergie aux squelettes ne le supporterait pas.
– Catacombes ?
– Vous avez l’esprit d’escalier…
– Gardien de phare ?
– Nonobstant le grand réchauffement, la mer ne monte pas encore jusqu’à Paris, allons !
– Hôpital psychiatrique ?
– Sainte-Anne du Bon-Secours n’a pas besoin du mien.
– Centrale nucléaire ?
– La compagnie Alligator 327 refroidit les petits poissons de la Seine loin de Paris.
– Greffier de ministère ?
– J’ai déjà donné, merci bien !
– Psychologue en cellule de soutien de l’ÉducNat ?
– Je ne mange pas de ce Blanquer-là.
– Gardien de scène de crime pour la police scientifique ?
– Trop bigleux.
– Je donne ma langue au chat !
– La nuit, tous les chats sont gris, vous brûlez.
– Veilleur de nuit !
– Saperlipopette ! Vous avez mis le temps !
Ainsi donc, après de longues errances insomniaques, j’exerce depuis peu l’étrange profession de veilleur de nuit. L’endroit étant catalogué « sensible », je ne dévoilerai pas dans quelles antres de Paris j’exerce mon vigilat nocturne. Ce n’est d’ailleurs pas l’objet de ce billet. Enfin, pas tout à fait, car l’anecdote que je vais vous narrer ne se serait sans doute pas produite si j’avais pris le métro de bon matin pour aller au travail, piquant du nez dans une phase de sommeil résiduel.
9 décembre 2019, 8h et des poussières. Je quitte mon boulot, quelque part dans le sud de Paris. Les accordéonbus de la ligne 62 étant pris d’assaut par des grappes de zombis affamés, je m’élance sur le bitume sous une pluie battante. Vingt-cinq minutes plus tard, trempé comme un petit Lu nantais soumis aux tirs nourris des flics du préfet d’Harcourt, me voilà dans la ligne 4 du métro, épargnée par la grève, direction Porte de Clignancourt. Silencieuse et connectée, la foule s’épaissit, jusqu’à ce que la voix du conducteur vienne casser l’ambiance. 
« Suite à un incident technique, la circulation est interrompue entre Saint-Germain-des-Prés et Château d’Eau. »
Des rires fusent. Les doigts pianotent sur les écrans digitaux. Une idée saugrenue me traverse l’esprit. Je mets mes mains en porte-voix. « Mesdames et Messieurs… » Et puis non, je ne fais rien.  Pas encore. La nouvelle est confirmée trois stations plus tard. « Saint-Germain-des-Prés. Terminus, tout le monde descend. »
Se retrouvent sur le quai environ 373 voyageurs, qui progressent à pas de tortue vers la sortie à la vitesse de 0,0008 km/h, vite rejoints par 298 autres déboulés d’un second train arrivé deux minutes plus tard. De cette foule d’usagers fantomatiques émergent çà et là des bras levés, qui immortalisent le moment.
Ce que je me résous à faire ; la preuve :
Et c’est alors que je me décide à lâcher l’incantation qui me trottait dans la tête.
« Mesdames et messieurs, je vous propose de reprendre avec moi un petit slogan qui nous mettra un peu de cœur à l’ouvrage ! » Mains en porte-voix, je gueule : « MACRON-DÉMISSION ! MACRON-DÉMISSION ! » Deux ou trois personnes esquissent un sourire, mais personne ne reprend. C’est sur ma droite que tombe la première semonce. Un type, trente ans, baby-boomer de la start-up generation, écouteurs coûteux aux oreilles, dans la main le smartphone dernier cri qui doit lui tenir lieu d’oreiller. L’homme goûte peu mon humour déplacé, me fusille du regard.
– Vous vous trouvez drôle ?
– C’est quand même à cause de lui qu’on est tassés comme ça, non ?
– Pauvre type !
– Vous aimez Macron ? Je vous plains…
Le mec étant prêt à me casser la figure, je n’insiste pas. Sur ma gauche, un quadragénaire barbichu binoclard, triste comme un jour sans train, me toise, à peine plus aimable.
– Vous croyez que ce serait mieux avec Mélenchon ?
– J’ai parlé de Mélenchon ?
– Non, mais…
– Je suis anarchiste et je ne vote pas. Et moi non plus, ça ne m’amuse pas d’être là…
La suite de ce court dialogue se perd dans la marée humaine qui mettra de longues minutes à s’extraire de la station de métro.
Dehors, j’en rigole encore. La pluie a cessé. Deux copines, la vingtaine, m’alpaguent sous un abribus. « Eh ben, vous avez l’air joyeux ! » Je réponds que oui, je raconte l’anecdote, mains en porte-voix, devant dix passants médusés. « MACRON, DÉMISSION ! » Les jeunes rigolent, ça fait plaisir. Après avoir distribué quelques conseils de navigation à deux dames naufragées de la RATP, je m’engouffre dans un 96 qui file vers Bastille, en chantonnant le tube des Gilets jaunes : « On est là… On est là… Même si Macron ne veut pas, nous on est là ! Pour l’honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, même si Macron ne veut pas, on est là… »

Là, j’y suis encore, au moment où j’écris ces lignes, un mois plus tard jour pour jour. Dans un autre métro, un autre bus, une autre rue, dans cet espèce de cocon froid où les visages fatigués restent disponibles pour une conversation aimable dont l’état de grève fait ressortir l’impérieuse nécessité, faisant mentir le dicton stupide : « Parisien, tête de chien ! »
, nous sommes toujours, peut-être pour longtemps encore. Dans la rue  où il est de plus en plus difficile de manifester sans se faire casser la gueule par les chiens de garde du consortium ®Castagner-Lallement-Strodza, gardant malgré tout l’espoir de faire battre en retraite Macron Ier, ses obligés et ses affidés, que j’appelle, dans un conte que vous pourrez lire ici, les soudards de la raie-publique !

samedi 4 janvier 2020

“Péter les boulons”, de Laurence Biberfeld, le roman (jouissif) qui vous venge de Macron et de ses sinistres affidés

Dans la vraie vie, les « pauvres gens », rebaptisés « pov’cons » par Sarkozy, « sans-dents » par Hollande et « gens qui ne sont rien » par Macron, croulant sous des bérézinas de dettes, d’injustice, de malveillance, de misère, finissent souvent par se décourager, voire de s’effondrer dans des marasmes sans fond. Désespoir, alcoolisme, solitude, dépression, clochardisation, etc. Ces gens, que l’on a appelés « invisibles » quand ils ont cessé de l’être, en enfilant des gilets jaunes, en occupant les ronds-points des campagnes puis les rues des villes, parfois, se révoltent, faisant du jaune, couleur du traître-ouvrier, celle de la dignité, de la solidarité, de la révolte. Avant d’être recouverts de rouge, ensanglantés par les milices d’État d’un pouvoir fascisant aux abois…
Ma chronique du dernier roman de Laurence Biberfeld est sur Double Marge, le magazine des littératures et des arts, qui consacre ce mois-ci un dossier à Laurence Biberfeld, réalisé sous la houlette catalane de Kits Hilaire.
Entre les machines à broyer du capitalisme et les êtres promis à la casse se dresse Laurence Biberfeld.

Péter les boulons, de Laurence Biberfeld, Éditions in8, 264 pages, 17 €

“La Vie invisible d’Eurídice Gusmão”, un film (magnifique) de Karim Aïnouz

Il y a des films qui s’installent tranquillement, laissant à votre cerveau le temps de s’accomoder. Et il y a ceux qui vous accrochent dès le premier plan. C’est le cas de La Vie invisible d’Eurídice Gusmão, septième film de Karim Aïnouz, récompensé à Cannes par le prix Un certain regard, adaptation on ne peut plus libre d’un roman de Martha Batalha traduit en français en 2017 sous le titre Les mille talents d’Eurídice Gusmão. Dès l’entrée en matière, les deux sœurs, Euridice et Guida, crèvent l’écran. Le film vous emporte tel un torrent, pas le temps de respirer…
La suite de cette critique sur Double Marge, le webmagazine des littératures et des arts, où je tiens une rubrique cinocheuse (et parfois littéraire) mensuelle.

lundi 16 décembre 2019

“Macron Ier et les soudards de la raie-publique”, conte de janvier

Macron Ier écrasant la révolte des Gilets jaunes
Ce billet névralgique et énervé, d’un total mauvais esprit mais très documenté, m’a été inspiré par la géniale caricature [ci-contre] du dessinateur roumain Bogdan Petr.

Tout petit, Emmanuel Macron, enfant surdoué de la bonne bourgeoisie d'Amiens, parents médecins, rêve de Thiers, Néron, Napoléon, Lino Ventura, qui lui serviront de modèle pour ses figurines en pâte à modeler. Sa mère, qui préfère le parquet au lino, détruit  les miniatures du catcheur. Le jeune homme en éprouvera une aversion totale pour le sport et le 7e art et se réfugiera dans le théâtre. C’est ainsi qu’il tombera amoureux de celle qui l'initiera aux émois de la chair, de vingt-cinq ans son aînée, membre de l’illustre famille Trogneux, cinq générations de savoir-faire. Macron, macaron, il suffit d’ajouter un ”a” : celui de l’amour, bien sûr !
L‘aventure scandaleuse déplaît aux parents Macron, qui éloignent leur petit de la bonne ville d’Amiens. Certains font remonter à ce moment, douloureux – ce n’est pas parce qu’il nous accable de sa morgue élyséenne et se délecte des yeux crevés par les CRS que nous mimiserons l’affaire – le manque d’empathie patent de l’actuel président à l’égard de celles et ceux pour qui la vie n’est pas facile, et sa fascination pour ceux qui écrasent leur révolte. L’affaire est un peu plus compliquée que cela…
Mais ne brûlons pas les étapes, et faisons une pause ”pain au chocolat” avec le regretté Joe Dassin.
Lors d’un voyage à Venise avec ses camarades de la Providence, l’année de ses quatorze ans, le jeune homme est ébloui par un tableau de Fransesco Guardi et fait le serment qu’il sera banquier. Ce rêve, longtemps resté secret, nous a été rapporté par le futur député insoumis François Ruffin, à qui Macron donnera le sobriquet affligeant de Botulique parce que son père était embouteilleur chez Bonduelle. [pitoyablement authentique] Pour donner le change, il fait sciences-po, s’inscrit au PS et néglige ses fréquentations. Devenu apôtre de la maison Rothschild, il apprend vite l’art (tout aussi délicat) de la courbette carnassière, de la double comptabilité, de l’évasion fiscale et du verrou de Bercy.
Fransesco Guardi, peint par Giuseppe Bertini. Ce n’est pas le tableau ci-dessus évoqué, chassé de Google à la demande
du président Macron, lors de la visite de Mark Zuckerberg à l’Élysée.
Devenu ministre des phynances de François Ier dit le Pleutre, il souffle à l’oreille de ce dernier [la scène se passe dans la loge présidentielle du stade de France] : « Les manifestants, il faut leur en foutre plein la gueule, Pleupleu ! Regarde les mecs, comment ils se bouffent les couilles ! Tu crois que c’est pour gagner ? Non, c’est pour la cogne, mec ! Si tu veux faire la loi, il faut COGNER ! »
D’abord sceptique, François le Pleutre se dit qu’un peu de virilité pourrait rehausser son image d’homme d’esprit timoré, peu prompt à la castagne, et finit par se ranger à son avis. « Nous cognerons, monsieur le ministre, et celui qui continuera à me nommer Pleutre en sera pour ses frais. » Ainsi naîtront les premières manifestations autour d’un bassin (celui de l’Arsenal) de la République, rebaptisée raie-publique dans la correspondance, brève mais intense (nous vivons à l’âge des SMS !), que le jeune Macron entretiendra secrètement avec un certain Benalla, rencontré dans un cercle de jeux de la rue Bassano, et dont il tombera sous le charme pour des raisons qui ne nous regardent pas.
Manifestation autour du bassin de l’Arsenal, Paris, 23 juin 2016

Devenu président de la République grâce à un hold-up aussi génial qu’improvisé (Lupin, Spaggiari et Mesrine s’en luxeront le squelette dans leur tombe), le toujours jeune Macron abandonne ses lubies puériles de ratiocineur administratif et recrute quelques centaines d’imbéciles qu'il élève au grade de député, non sans les avoir contraints à la trépanation dite ”du godillot”. Certains, rares, seront épargnés pour faire bonne figure. [Le cas de la porte-parole Sibeth Ndiaye est plus délicat – qu’on ne compte pas sur nous pour dévoiler un secret médical !]
La révolte des Gueux Jaunes éclatant, il réalise enfin les fantasmes inavoués de soudard sans foi ni loi de son enfance, grâce aux exécuteurs de basses-œuvres Castaner (qui arrachait les ongles des animaux quand il était môme), Strodza (le mec dont on ne parle jamais, qui dirige d'une main de fer son cabinet), Blanquer (dont le QI, tragiquement, baisse de jour en jour), Pénicaud (dont les problèmes d’élocution font les choux gras des gazettes), Belloubet (honnie par ses voisins à cause de ses déclamations glossolaliques du Code pénal), Lallement (dont il jalouse secrètement le port altier post-nazi, on lira ici pourquoi).
Sept énucléés pour raison d’État, par Christophe Castaner (début XXIe siècle)
Macron, qui rencontre de temps en temps Sarkozy dans un ancien claque de la rue de Lauriston reconverti en fumerie d’opium pour VIP, se fait très vite à la vie élyséenne. Il tape sur tout ce qui bouge dans le sens qui ne lui convient pas : les pauvres, les moins-que-rien, les pue-la-sueur, vêtus de jaune ou pas, les femmes, les infirmières, les pompiers, les jeunes, les retraités, les cheminots, etc. Mais l’homme n’est pas seulement mû par la haine. Il est fasciné par Laurent Berger, qui lui fut présenté par un homme fort bien pourvu sous les ors de la raie-publique, lors d’une partie de chasse en Sologne, sur les terres d’un nobliau dont le nom ne sera pas ici dévoilé car cela nous conduirait tout droit au cachot.
L’homme de Macron énucléant le peuple (début XXIe) d’après Krokus
C’est à cette partie de chasse qu’il fait la connaissance de Jean-François Cirelliancien grand chef des gaziers, qui lui parle de Larry Fink, PDG du fond de pension US BlakRock, dont Cirelli dirige la branche française.
Macron, qui n’a jamais tiré un coup de fusil de sa vie mais jouit, rappelons-le, de l’odeur âcre du gibier agonisant bouillonnant dans son sang, jubile !
Killer Fint et Killer Macron à l’Élysée. Killer Cirelli ailleurs (mais pas loin)
Ce petit monde se revoit à l’Élysée à l’automne 2017 devant un château-latour 1954 offert par Romain Goupil et scelle un pacte (on s'instruira en lisant le feuilleton en 12 épisodes du site Les Jours) pour réformer le très compliqué système des retraites par répartition et le remplacer par un système beaucoup plus simple : la retraite par capitalisation. Tu veux mourir pas trop dans la mouise ? Tape 3615 BlakRock.
L’ancien chiraquien Jean-Paul Delevoye, qui connaît chaque maire de France par son petit nom et siège dans 17 organisations secrètes, dont la firme Parallaxe, liée à BlackRock, qui lui verse une misère de 5.300 € mensuels pour grignoter du jeton de présence, est désigné pour faire le taf. Manque de bol, comme 3/4 des macroneux embauchés par le petit homme d’Amiens, il fait des conneries et doit démissionner, alors que des hordes de Français sillonnent les rues pour réclamer le retrait du machin.
Macron, qui ne retrouve pas le 06 de son conseiller “social-travail”, avec tout ce bordel, propose le poste à Nicole Nota, qui décline [comme sa vue, qui a baissé). Un SMS de l’increvable Benalla (qui a repris le meublé secret de Jawad Bendaoud à Saint-Denis, où il compte se présenter aux municipales) lui glisse alors le nom de Laurent Pietraszewski, ex-PDG d’Auchan, qui ne risque pas d’avoir peur des milliardaires de la SNCF puisqu’il vira une caissière pour une erreur de caisse de 0,80 € et la récupération d'un pain au chocolat brûlé offert à un clientPietraszewski, qui a besoin de se refaire car il a déjà dépensé les 71.872 € d’indemnités versés par Auchan pour bons et loyaux services, hésite. Alléché par la cagnotte prélevée sur les fonds secrets de Matignon qui lui est proposée, il finit par relever le défi.
Delevoye passant la patate chaude à Pietraszewski (18 décembre 2019)
Nous sommes le mercredi 18 décembre 2019. Macron rit encore, mais de plus en plus jaune. Sa femme passe de plus en plus de temps au téléphone avec François Berléand, et il semblerait qu’ils ne parlent pas que de pains au chocolat ! Un rapport de la DGSI, que nous nous sommes procuré, l’informe qu’un peu partout dans le pays, des potences sont dressées, badigeonnés de plumes, de goudron et d’un liquide répulsif destiné à ces petits fumiers de manifestants qui veulent tout casser, dérobé grâce à un régisseur ”retourné” de la CRS 237. Mais dans son palais, à l’instar de Nicolas Minus à la fin de son règne, ses rêves ont une tout autre consistance : Macron le Roquet, roi bientôt déchu des soudards de la raie-publique, se voit monter à l’échafaud, et ce qui se passe alors est tellement effroyable qu’il se relève, comme aux pires nuits de son enfance, quand les crises d’énurésie transformaient son lit en une rivière âcre !
Le 17 février, alors qu’il se rend avec son épouse aux théâtre des Bouffes du Nord pour y voir une pièce intitulée “Les Mouches”, un mouchard (qui ne se trouvait sans doute pas là par hasard, puisqu’il s’agit de Taha Bouhafs, ce désolant fumeur de chicha qui filma les coups de matraque de son ami Benalla), alerte le vulgum pecus par un Tweet. Quelques minutes plus tard, une horde de pouilleux réveillés en pleine nuit (ce qui explique qu’ils n’aient pas eu le temps d’enfiler leur gilet jaune) essaient de s’introduire dans le théâtre.
De retour à l’Élysée, dépité, au bord des larmes, Macron se demande s’il a vraiment eu une bonne idée en convoquant 250 PDG estampillés ®DavosBand au château de Versailles, le lundi 20 janvier, et en remettant ça le lendemain à l’Élysée avec des nationaux.
Pour connaître la suite de cette histoire, il suffit de revenir ici bientôt, tout bientôt…

lundi 2 décembre 2019

“Graffeur, artiste et vandale”, “Rap français, les femmes de l’ombre“, deux documentaires de Gabrielle Niang

Comment le graffiti a évolué en 30 ans ? C’est le thème du deuxième documentaire de Gabrielle Niang (ma petite reine de Brut !), intitulé Graffeur : artiste et vandale.

Le premier, Rap français, les femmes de l’ombre est également en ligne sur Brut.

mardi 26 novembre 2019

Les promesses du président Sebastián Piñera aux carabiniers se concrétisent : la France va apporter son savoir-faire au Chili, en matière de répression

Ill. Nantes Révoltée
Dimanche 24 novembre 2019, 37e jour de mobilisation au Chili (rappelons que son point de départ fut une révolte contre l’augmentation du ticket de métro), le président Sebastián Piñera, en visite à l’École des sous-officiers des carabiniers, a communiqué une série de mesures liées à la situation de crise sociale, sous la forme d’un projet de loi pour que les forces armées puissent collaborer dans la protection des infrastructures du pays, déclarant : “Nos carabiniers et la police d’investigation ont besoin du soutien du gouvernement pour restaurer la dignité de notre police.”
Son discours est visible ici.
Le président multimilliardaire chilien a également évoqué le nombre de troupes qui entreront au service actif des carabiniers et de la police d'investigation (PDI) dans les prochaines semaines, après certaines dispositions prises dans le domaine de l'ordre public, déclarant :
“Je tiens à annoncer que, grâce à la réintégration du personnel récemment retraité avec de bonnes qualifications, et à l'anticipation de la remise des diplômes des nouvelles générations des écoles d'officiers et de sous-officiers des carabiniers et de la police d'investigation, dans les 60 prochains jours, nous allons augmenter de 4.354 le nombre de carabiniers et de policiers pour protéger la paix et la sécurité des citoyens.”
Cet accord pour la “paix et la sécurité”, véritable insulte aux victimes de la répression, qui constitue ni plus ni moins un appel à la reddition par la force, comprend :
* La réintégration des policiers à la retraite
* Une sortie anticipée des écoles de police (sans instruction complète)
* Plus de ressources pour les carabiniers
* Plus de pouvoirs pour les carabiniers (modernisation)
* Plus d’attributions présidentielles (militaires à la rue sans état d’exception)
* Conseil international en matière de police (France, Espagne et Angleterre).
Ces informations sont confirmées mardi 26 novembre par le sous-secrétaire d’État à l’Intérieur Rodrigo Ubilla sur le site (en espagnol) El Mostrador.
La France, qui avait déjà apporté son aide au régime du général Pinochet en 1973, comme le rappelle Nantes Révoltée, va donc apporter son aide et son sinistre savoir-faire en matière de maintien de l’ordre et de répression au Chili.

lundi 25 novembre 2019

dimanche 24 novembre 2019

Chili. Daniela Carrasco, Albertina Martinez Burgos, Carolina Muñoz Manguello, trois femmes victimes des escadrons de la mort

La sanglante répression par les carabiniers, la police militaire du Chili, pays où 23 personnes ont été tuées, 220 éborgnées, 2.500 blessées, des femmes violées (70 plaintes de violences sexuelles par les forces de l’ordre), 7.000 arrêtées), s’est accompagnée de ce qu’il faut bien appeler des “escadrons de la mort” (de sinistre mémoire en Argentine et dans d’autres ex-dictatures d’Amérique latine), dont certains, on le lira plus bas, ne se donnent même pas la peine d’agir en secret.
Albertina Martinez Burgos / Daniela Carrasco, dite “La Mimo”
En octobre, Daniela Carrasco, 36 ans, artiste de rue surnommée La Mimo car elle apparaissait déguisée en clown, était découverte pendue à un arbre, quelques heures après son arrestation par la police, après avoir été violée et torturée (après que l’on eût tenté de faire croire à un suicide…).

Le 22 novembre, Albertina Martinez Burgos, 38 ans, photographe militante ayant couvert les manifestations et effectué un travail d’investigation sur les violences militaires et policières au Chili, était retrouvée assassinée chez elle. Tous les disques durs de son ordinateur ont disparu. À lire sur le site Persil.
Le même jour, Carolina Muñoz Manguello est enlevée pendant une manifestation, comme le rapporte Tenemos Notifias qui publie la vidéo de l’enlèvement [ci-dessous] dans un article intitulé : Comme sous Pinochet. Comment les carabiniers font disparaître des manifestants. Elle n’a pas reparu depuis.
À ces trois exemples, qui constituent la partie visible de cet iceberg de terreur imposée par un régime qui n’a rien à envier à celui de Pinochet sur des manifestants (en l’occurence, des femmes), ajoutons le cas, rapporté par le site piensaChile.com, de cette femme déshabillée par des militaires lors d’une manifestation, sur la place du tribunal, dans la ville de Concepción.
 
À l’image d’un Castaner ou d’un Macron niant les violences policières contre les Gilets jaunes, le président chilien Sebastian Piñera, dont on connaît les nombreuses « parentés » avec le régime Pinochet, a déclaré à l’école des sous-officiers des carabiniers [vidéo ici] « Il y a eu un usage excessif de la force,  il y a eu des abus et on n’a pas respecté les droits de tous ». Parmi les mesures annoncées à cette occasion, on apprend que la France va apporter son savoir-faire au Chili en matière de maintien de l’ordre et de répression dans ce papier.
Si l’on n’en est pas encore arrivé à ce stade en France, il convient néanmoins de remarquer les similitudes entre un régime chilien qui tue des manifestants pour faire peur et un régime macronien qui crève les yeux des manifestants pour les mêmes raisons. On rappellera que l’actuel préfet de police, Didier Lallement, déclara récemment à une manifestante Gilets jaunes, mettant son mouchoir par-dessus son devoir de neutralité républicain : « Nous ne sommes pas dans le même camp, madame ! », assertion qui vient à point pour rappeler que le substantif « camp » peut être compris de diverses façons, selon que l’on se situe sur un terrain sportif ou un terrain purement politique.

lundi 18 novembre 2019

Réveillé par les propos du préfet de police Didier Lallement, Maurice Papon se retourne dans sa tombe !

EN DIRECT DE GRETZ-ARMAINVILLIERS (SEINE-ET-MARNE)

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans le paisible bourg de Gretz-Armainvilliers, où il est enterré depuis février 2007. Maurice Papon, notoirement connu – entre autres – pour avoir participé à la déportation de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, où il était en fonction à la préfecture de Bordeaux et à la noyade par balles d’Algériens le 17 octobre 1961, alors qu’il était préfet de police de Paris, se serait retourné dans sa tombe dimanche 17 novembre 2019, aux alentours de 14 heures 30.

UNE OCTOGÉNAIRE EN ÉTAT DE CHOC

Josette Perrin, 82 ans, demeurant à Ozoir-la-Ferrière, témoigne : “Je me rendais, comme tous les 17 novembre, date anniversaire du décès de mon pauvre époux, sur sa tombe, lorsque j’ai entendu un bruit provenant de la sépulture voisine de mon Roger… Comme si quelqu’un descellait le marbre à la barre à mine. L’an dernier, des jeunes ont essayé d’ouvrir la tombe de Papon pour lui voler sa légion d’honneur, alors, vous savez !… Je regarde. Personne… Malgré ça, les coups continuaient ! Tout à coup, j’ai pris peur… C’est alors que je me suis rendue compte que les coups venaient de l’intérieur de la tombe… Ensuite, j’ai entendu comme un cri… Comme quelqu’un qui se cogne contre un meuble !”


DES COÏNCIDENCES TROUBLANTES

En état de choc, l’octogénaire rentra chez elle au volant de sa voiturette sans permis. “J’étais tellement mal en point que j’en ai oublié de saluer mon Roger… J’ai allumé la télé. J’ai mis BFM pour voir ce qui se passait avec les Gilets jaunes qui fêtaient leur premier anniversaire. Et c’est à ce moment-là que j’ai vu un homme en uniforme répondre à une dame énervée : “Nous ne sommes pas dans le même camp, Madame !” Sur le coup, j’ai pensé que j’étais tombée sur un téléfilm… Le monsieur s’appelait Lallement, vous pensez ! J’aime bien regarder les films historiques, ça m’occupe, depuis que mon Roger est parti ! Mais non, c’était pas un film. C’était les informations ! Après, j’ai su que c’était le nouveau préfet de police, alors forcément, j’ai fait le rapprochement avec M. Papon, qui était du métier, lui aussi…”
Y a-t-il un rapport entre la réponse surprenante faite à une dame Gilet jaune par le préfet de police Didier Lallement – qui aurait dérogé à son devoir de neutralité – et la curieuse découverte effectuée par Josette Perrin au cimetière de Gretz-Armainvilliers ? Quel lien pourrait-il bien avoir entre le préfet de police qui présida à la féroce répression des Algériens de Paris en 1961 et celui qui préside à la non-moins féroce répression contre les Gilets jaunes en 2019 ? La question, même si elle peut paraître quelque peu hasardeuse, voire incongrue, mérite d’être posée…
Mme Josette Perrin, à qui elle le fut – en attendant le tour des nécromanciens, des biologistes et des historiens, qui ne manqueront pas de signale que les deux hommes firent, à sept décennies d’écart, leur première expérience répressive dans la ville de Bordeaux, s’en tira par cette pirouette : “Je demanderai à mon Roger quand je retournerai sur sa tombe… Si les morts parlent entre eux, il aura peut-être son idée…” Sagesse de nos aînés !

mardi 5 novembre 2019

380 € d’amende pour avoir oublié de signer un document de la cour de cassation : les petits rackets de la justice “au nom du peuple français”


Le dialogue qui suit (totalement imaginaire) résume la rocambolesque et authentique affaire [je défie mes confrères auteurs d’inventer un scénario aussi tordu] qui m’opposa, quatre ans et demi durant, à Églantine Laval.
Si vous ne connaissez pas cette lamentable affaire (où un simple “Et vous arrivez à dormir la nuit ?” glissé à l’oreille d’une fragile jeune femme se transforma en “coups de poing sur la figure”, suivis d’un procès pour violences volontaires, d’un procès en appel, d’un pourvoi en cassation – rejeté au motif que je n’aurais pas signé un document ! –, puis de deux plaintes en diffamation – classées), vous pouvez lire les trois actes et l’épilogue de cette bouffonnade, qui se clôt par une amende de 380 € pour “droit fixe de procédure” (ils n’étaient que de 90 € avant mon pourvoi en cassation).


ET VOUS ARRIVEZ À DORMIR LA NUIT ?
ACTE 1 ACTE 2 / ACTE 3 ÉPILOGUE 

C’est parti.
– Mon chéri, tu as du courrier !
M. SOULARD président
– Tiens donc, du courrier… Par la Poste !  C’est devenu rare ! Tu veux pas me l’ouvrir, s’il te plaît, j’aimerais bien terminer mes œufs à la coque tranquillement.
  Ma compagne, de ses doigts de fée fraîchement manucurés, lacère l’enveloppe en rugissant (elle est du signe du lion).
– C’est signé M. SOULARD président. 
– T’es sûre que c’est pas un canular ? Soulard…
– Dis donc, tu dois être quelqu’un d’important ! C’est écrit RÉPUBLIQUE FRANÇAISE / AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
– Encore une blague de mes potes Gilets jaunes, je lirai ça après ma douche !
–  Ouh-la, mais tu as vraiment dû faire une grosse bêtise, toi ! COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE. Tu me caches quelque chose !
– Ma biquette, qu’est-ce que tu vas imaginer ?
– Ouh-la, mais c’est grave, ça ! “M. Reboux, déclaré coupable de VIOLENCES AYANT ENTRAÎNÉ UNE INCAPACITÉ DE TRAVAIL N’EXCÉDANT PAS 8 JOURS”
– C’est des conneries, tout ça…
– Amende contraventionnelle de 800 € avec sursis. Mais  c’est quoi, ce truc !
– Je peux tout te raconter, mon amour !
– Essuie ta bouche, tu ressembles à un poussin.
– J’ai été accusé par une certaine Églantine LAVAL de lui avoir donné des coups de poing… Devant l’entrée du tribunal, à deux mètres du vigile, tu imagines le truc !
– Quel tribunal ?
– Ce serait trop long à expliquer… Elle a tout inventé !
– Écoute-moi, chéri, c’est grave, ces accusations…
– Mais je te jure que je n’ai RIEN fait !
– Pourquoi as-tu été condamné si tu n’as rien fait ?
– C’est cette juge de Montreuil ! Pour elle, un homme est potentiellement capable de frapper une femme. Capable, coupable, elle a franchi le pas ! Les flics qui nous ont confrontés ont déclaré que mon accusatrice était une mythomane, mais le parquet n’a pas classé l’affaire…
– Mais tu ne t’es pas défendu ? Tu n’avais pas d’avocat ?
– Ben si. Une avocate. Comme je suis au RSA, j’ai eu l’assistance judiciaire. Mais j’ai fait un truc très con, j’ai loupé mon procès.
– Tu as… loupé ton procès ? Tu te fous de moi ?
– Hélas non. Je me suis trompé de date, figure-toi. C’était le 13 juin, j’ai noté le 16 sur mon agenda.  J’étais fatigué, j’ai pas fait attention. Comme j’étais absent à mon procès, j’ai été condamné à 800 € d’amende…
– C’est malin !
Capture d’écran du site d’Églantine Laval.
– Évidemment, j’ai fait appel. Et là, j’ai fait la connerie de ma vie…
– Tu as frappé la juge !!!
– Mais non, chérie ! Je me suis défendu tout seul. À force d’assister à des procès, je me suis dit La justice, c’est jamais que du théâtre. Sur ton CV,  ça aura de la gueule, allons-y, Alonzo ! Au début, ça s’est plutôt bien passé. J’étais sûr de mon droit. C’est quand j’ai mimé, avec force décibels, la grande scène de la pseudo-agression que ça s’est envenimé. Quand j’ai crié dans le prétoire : “S’il vous plaît, madame, ce monsieur m’agresse ! J’ai besoin d’un témoin, aidez-moi !”, j’ai cru qu’elle allait lâcher les lions… Le pompon, c’est quand elle m’a proposé de couper la poire en deux avec une condamnation à 400 € d’amende… Je lui ai lancé dans les gencives, façon Dupont-Moretti : “Madame l’avocate générale, je suis innocent. Même si j’étais condamné à un centime d’euro avec sursis, je me pourvoirai en cassation !” Alors là, elle n’a pas du tout apprécié ! La présidente a même lancé : “la cour appréciera”.
– Abrège, tes œufs vont être froids !
– Résultat des courses : j’ai été déclaré coupable. Dans sa grande mansuétude, la présidente m’a accordé un amende de 800 € avec sursis. Quand je suis venu chercher la délibéré, quelques semaines plus tard, comme elle me parlait mal, je lui ai fait remarquer que la personne à qui elle s’adressait n’était pas un chien, mais un être humain ! T’auras vu le regard qu’elle m’a lancé !
Sainte Églantine
– Et tu t’es pourvu en cassation !
– Exact.
– Et ton pourvoi a été refusé !
– Exact. Et tu sais pourquoi ? J’aurais oublié de parapher ma déclaration !
– Comment ça, tu “aurais” ? Tu l'as signée ou tu l’as pas signée ?
– En tout cas, si j’ai oublié de la signer, la greffière a étudié mon dossier pendant cinq minutes, elle aurait dû s’en apercevoir, et me le dire…
– Et tu ne peux pas aller plus haut ?
– Comment ça, plus haut ? La cour de cassation est la plus haute juridiction de France. Plus haut, c’est Dieu, et il fait pas ce genre d’intervention.
– Qu’est-ce que tu vas faire ?
– Comment ça, qu’est-ce que tu vas faire ? Je ne vais pas payer, il n’en est pas question !
– Tu n’as qu’à porter plainte pour dénonciation calomnieuse !
– Eh non ! Je n’en ai pas le droit… La chose jugée faisant autorité, je suis considéré comme coupable. Même si j’ai été condamné à du sursis…
– Du sursis ? C’est pas ce qui est écrit sur son courrier, à M. SOULARD président ! Tu es condamné à verser la somme de 380 € au fisc !
– QUOI !!!
Trèves de plaisanterie. Le courrier en question émane bien de la chambre criminelle de la cour de cassation, dont le président, un certain Soulard, m’informe que, mon pourvoi ayant été rejeté, ma condamnation à une amende de 800 € avec sursis s’accompagne du paiement d’un droit fixe de procédure de 380 €.